Ils manifestent quotidiennement à Bagdad : Les Irakiens réduits à l’état de squatters





Le Quotidien - Agences Réduits à l’état de squatters par l’envolée des loyers qui a suivi la chute du régime de Saddam Husseïn, des centaines d’Irakiens menacés d’expulsion manifestent régulièrement dans Bagdad pour demander un logement décent. “Nous voulons des maisons, pas des compensations”, “nous demandons la pitié, ne soyez pas tyranniques comme Saddam Husseïn”, lisait-on hier sur les banderoles tenues à bout de bras. Ils étaient plusieurs centaines, accompagnés d’enfants, devant l’une des entrées de la Zone verte, le secteur ultra protégé du centre de la capitale abritant le commandement de la Force multinationale et les bureaux du gouvernement irakien. Parmi eux se trouvait le représentant de 350 familles occupant une prison désaffectée du quartier Al-Baladiyah, dans l’est de Bagdad. “Cela fait deux ans que nous vivons paisiblement dans ce complexe, et hier une force mixte irakienne et américaine est venue nous demander de partir d’ici lundi prochain”, explique Mohamed Shinesheil. A l’époque de Saddam Husseïn, une loi interdisait d’augmenter les loyers pour lutter contre l’inflation galopante. Et la propriétaire qui insistait pour obtenir plus s’exposait à de graves ennuis. Mais avec la chute du régime, les propriétaires ont chassé les locataires récalcitrants. Ces derniers se sont alors rabattus sur des bâtiments officiels pillés après l’invasion américano-britannique en mars 2003 ou endommagés durant la guerre. Selon un rapport de l’Onu et de la Banque mondiale, l’Irak connaissait un déficit de logement estimé entre 1 et 1,5 million d’unités.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com