Sans Gêne





Les jeunes sont-ils rancuniers ? Un peu, beaucoup, pas du tout... Pardonner, pour les jeunes est une affaire très “perso”. Tout dépend de qui il s’agit. C’est aussi en fonction de la gravité du mal. Tunis - Le Quotidien Pardonner n’est pas toujours facile. Bien que cela témoigne, selon la plupart, d’une grandeur d’âme incontestable, cela ne semble pas une mission moindre pour bon nombre de nos jeunes concitoyens. Ceux-ci ne rejettent pas l’idée de pardonner à quelqu’un qui leur a fait du mal un jour. Mais ils ont tendance à mesurer ce mal et à tenir compte des circonstances qui l’entourent pour décider. S’ils estiment que le mal est gratuit et qu’il y a une mauvaise intention, ils préfèrent garder rancune. Kaïs Bannour est un jeune diplômé en commerce international. Sa position est claire: “Je pardonne mais je n’oublie pas!”. Car le pardon ne signifie rien d’après-lui quand il suffit tout simplement de l’afficher. “Je peux faire plaisir à des intermédiaires qui essaient d’intervenir pour arranger les choses et leur dire que je pardonne. Mais au fond de moi, c’est une affaire personnelle. Du moment que je n’oublie pas ce qu’on m’a fait, c’est que je tiens encore rancune ou plutôt j’en veux encore à la personne incriminée”. En vouloir aux gens qui leur font du mal, tel est le vrai problème d’après Sahbi Mihoub. “Le pardon n’a aucun sens lorsqu’on n’arrive pas à traiter la personne fautive comme si de rien n’était. Surtout très proche”. Il ajoute qu’il est encore plus difficile de tourner la page avec des gens proches. “Leurs erreurs nous font plus mal. Car du moment qu’une personne ne représente pas grand-chose pour moi, je m’en fous à la limite. Et je ne pense même pas si je dois ou non lui pardonner. Mais quand il s’agit d’un ami, c’est vraiment sérieux et je n’oublie rien d’habitude”. Généralement, on dit que les filles sont plus rancunières que les garçons. On l’explique par une sensibilité plus intense et par une nature plus sentimentale. Les filles qu’on a interrogées ont été claires en tout cas. Pardonner dépend essentiellement de la gravité de ce qu’on leur a fait. Marwa Khalladi, étudiante, ne veut pas employer le terme rancune. “Il suppose à mon avis une vengeance. Or, je n’ai jamais l’intention de me venger d’une personne qui m’a fait du mal”. Elle a vécu plusieurs expériences de ce type au lycée d’abord et à la fac ensuite. “C’est vrai que des fois, je ne prête pas attention à ce qu’on me fait. C’est banal et ça ne mérite pas de réaction. Mais j’avais des amies qui m’ont causé des problèmes graves. Celles-ci, je ne leur parle plus et donc je ne leur ai pas pardonné.Je ne compte pas me venger d’elles non plus”. Tout comme Marwa, Habiba Bouker pense que c’est une question tout à fait personnelle. Si elle est trahie par quelqu’un de proche, “C’est fini à jamais. On ne peut plus réparer les sentiments”. Mais quand il s’agit de quelqu’un qui ne représente rien dans son cœur “Je ne décroche même pas”. Elle trouve que les sentiments sont à l’origine du pardon. Sauf que ceux-ci sont irréparables. “On peut donc dire qu’on a pardonné et qu’on n’y pense plus. Mais c’est faux. On se trompe en disant cela parce que personne n’oublie rien. On se souvient de tout et ça nous fait mal. Donc, il n’y a pas de pardon!”. M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com