Cinéma/ La caméra mobile en état de grâce





Parallèlement à son cycle, le théâtre El Hamra a organisé une soirée spéciale au cours de laquelle “Ten” et “10 on Ten”, deux longs métrages du cinéaste iranien Abbas Kiarostami ont été projetés. “Ten” est le premier long métrage projeté durant cette soirée. Le film reconstitue en dix séquences la vie émotionnelle de six femmes et les défis qu’elles rencontrent dans une étape particulière de leur vie à savoir pendant la période de divorce. La particularité de ce film est que toutes les conversations se déroulent dans la voiture. La première a eu lieu entre une mère et son fils. Touché et blessé profondément par la séparation de ses parents, le fils finit par imputer à sa mère la responsabilité de ses désillusions, et l’instabilité de son éducation. Ainsi, il réfute d’être son confident et la rejette. Entre-temps, d’autres femmes en mal d’amour ou déçues par leur vie affectueuse sont en quête d’amour. Elles investissent l’habitacle étroit de la voiture et se livrent à des drames intimes. Une sorte de dialogue est ainsi établi entre les différents protagonistes de ce film. “Ten” est un long métrage envoûtant, hypnotique et terriblement émouvant. La caméra ne quitte à aucun moment la voiture, captant de plus en plus près les émotions de ses occupants. La voiture devient ainsi cet endroit où se libère la parole, mais aussi les désirs des femmes, dans un pays où l’Islam régit toutes les activités et les rituels du quotidien. Passionné par le road movie, un genre cinématographique qui privilégie le déplacement et la mobilité des personnages, le cinéaste touche du bout du doigt un problème crucial: celui auquel fait face toute une génération de femmes en Iran, à savoir, le divorce. * L’épreuve de dix “10 on Ten”, le deuxième long métrage de la soirée est un genre documentaire. A travers dix leçons, Abbas Kiarostami, tente de démontrer les spécificités du tournage et les conditions de la réalisation du bon cinéma. Il dresse un tableau sur ses investigations cinématographiques. La nature est d’ailleurs le point de départ de ce documentaire. Et le cinéaste de souligner: “chaque film nécessite un lieu bien déterminé”. Sans être seulement naturaliste, le cinéaste iranien a démontré que son cinéma restera toujours ouvert à toutes les influences. “Et c’est, dit-il, la mission du cinéma et de tout cinéaste”. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com