Rechauffement climatique : Quelle parade pour la Tunisie?





La Tunisie, comme toute la région méditerranéenne, risque fortement d’être touchée par le phénomène du réchauffement de la planète, si des mesures efficaces ne sont pas prises au niveau international notamment celles se rapportant à la limitation des émissions de gaz à effet de serre. M. Yadh Labben, ingénieur en chef, spécialiste des changements climatiques, préconise d’abord l’identification des secteurs vulnérables. • Tunis - Le Quotidien Les spécialistes sont unanimes à le penser. Les statistiques le confirment. La planète est sérieusement menacée par le phénomène du réchauffement. La Tunisie qui n'échappe pas à cette règle va être confrontée à ces variations climatiques. Selon les statistiques élaborées depuis près d’un siècle en Tunisie, le climat accuse une certaine régularité jusqu’en 1975, année où une tendance à la hausse est constatée. Les experts internationaux avancent sérieusement l’hypothèse du réchauffement de toute la Méditerranée et notamment la région du sud. S’agit-il d’une simple manifestation de variabilité climatique ou des premiers signes d’un véritable changement climatique? La question reste posée mais il est important d’accorder à la question tout l’intérêt qui se doit. M. Yadh Labben, ingénieur en chef, spécialiste des changements climatiques et président de l’Association tunisienne des changements climatiques et du développement durable affirme dans ce contexte qu’il faut assurer un suivi rigoureux de notre climat. «Il faut, d’une manière générale, identifier les secteurs vulnérables par ce phénomène dans une première étape. Dans une seconde étape, il faut impérativement identifier chaque type de vulnérabilité et élaborer l’approche préconisée», dit-il. Et d’ajouter «Dans cette optique, il faut tenir compte des extrêmes climatiques car généralement on travaille sur les moyennes». Des études ont été réalisées dans ce registre. D’autres vont suivre. Une rencontre a eu lieu hier à Tunis se rapportant à la corrélation entre l’écosystème et le changement climatique. L’étude qui en résultera est financée par le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques et la Fondation allemande GTZ. Lotfi TOUATI _____________________________ La biotechnologie végétale à la rescousse • Tunis - Le Quotidien Pour faire face aux nouveaux aléas climatiques dont l’impact ne cesse de se répercuter négativement sur l’agriculture , des recherches sont en cours d’élaboration dans les laboratoires universitaires donnant une place privilégiée à la biotechnologie végétale. C’est dans le cadre de son programme d’animation pour les vacances du printemps que la Cité des sciences a abrité hier une conférence scientifique donnée par le professeur Sadok Bouzid, universitaire et chercheur au Laboratoire de morphogène et biotechnologies végétales de la faculté des sciences de Tunis. Cette conférence qui a porté sur le thème «Biotechnologies végétales et amélioration des plantes», a passé en revue les différentes techniques que permet la biotechnologie dans le domaine de la production agricole et l’amélioration de la qualité et le volume de la production. Le Pr. Sadok Bouzid a indiqué au cours de son exposé que l’exploitation génétique des plantes à travers les manipulations cellulaires qui est devenue une alternative incontournable dans plusieurs pays du monde, représente pour la Tunisie une potentialité très prometteuse qui ouvre de nouveaux horizons à l’agriculture et qui offre des solutions radicales à plusieurs problèmes et contraintes. Le conférencier a noté, à ce propos, qu’«en Tunisie, une des épidémies les plus répandues et qui cause d’énormes pertes, affecte entre autres, les plantations des agrumes qui sont attaqués en permanence par les virus face auxquels aucun traitement chimique ni physique n’est efficace». «De ce fait, la technique de la micro-propagation génétique s’avère très efficace pour éliminer l’épidémie et qui consiste en la reproduction in-vitro de nouvelles germes sélectionnées à partir des plantes mères. Ces germes peuvent offrir par la suite de nouvelles variétés de plants de haute qualité et qui possèdent une forte capacité de résistance contre les épidémies», a-t-il expliqué. Le Pr. Bouzid souligne toutefois que «cette technique nécessite des ressources humaines hautement qualifiées ainsi que des ressources matérielles plus au moins coûteuses». Et d’ajouter que «bien que les recherches dans ce domaine aient atteint un très bon niveau, l’automatisation de ces techniques tarde toujours à voir le jour». * Oliviers, pomme de terre et blé Parmi les cultures qui sont menacées par les attaques virales et les aléas climatiques qui affectent par conséquent la production, le conférencier a cité les pommes de terre et les oliviers. «Ces plantes dont la production se fait par voie végétative ont tendance à transmettre le virus à la descendance d’où l’importance de l’intervention génétique qui permet de mettre fin à ce cycle de transmission virale», précise-t-il. Le Pr. Sadok a indiqué par ailleurs qu’une recherche est actuellement en cours d’élaboration. Il s’agit d’une recherche effectuée par la jeune chercheur Sonia Mansouri qui travaille sur la biotechnologie appliquée sur le blé et dont l’objectif est de produire une nouvelle variété de blé plus adaptée à la sécheresse et au phénomène de la salinité des eaux en Tunisie. Cette étude est effectuée dans un laboratoire français en coordination avec le laboratoire de morphogénèse et biotechnologies végétales de la faculté des sciences de Tunis. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com