Les jeunes et les campagnes anti MST/sida : “La sensibilisation doit toucher les … parents”!





A propos des campagnes anti-MST et sida, les jeunes ont des avis divergents. Alors que certains parlent de ce qui manque dans ce travail, d’autres considèrent qu’ils ne sont pas concernés par ces campagnes. Tunis - Le Quotidien Les campagnes de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) sont nombreuses en Tunisie. Tout le monde a constaté l’effort louable déployé à ce sujet par les structures publiques et les ONG à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Cet effort cible en bonne partie la jeune population pour la sensibiliser aux risques des MST et la protéger contre ce fléau. Mais qu’en pensent les jeunes eux-mêmes de ces campagnes anti MST et sida? Dorra M et Rym T. sont deux étudiantes, l’une en sciences juridiques et l’autre en gestion. Elles sont cousines et n’acceptent de témoigner que si leur nom de famille n’est pas cité. Et Dorra d’avouer que son père la tuerait s’il voyait sa photo sur un journal accompagnant un texte traitant d’un thème pareil. C’est pourquoi elle pense que dans de telles campagnes, il faut désormais cibler les familles et aller vers elles. “Dans la famille, la sexualité est un sujet encore tabou et c’est donc là que se pose le véritable problème. On n’est pas encore sorti de l’auberge de “tout est h’ram” et qu’il faut parler de tout en cachette”. Sa cousine Rym partage son avis. “Ce sujet est toujours tabou dans la famille et inabordable donc”. C’est ce qui fait que les adolescents ne comprennent encore pas ce problème et ne peuvent pas par conséquent adopter un comportement sain convenablement”. Mehdi Boukmiha, élève, considère en revanche qu’il y a une prise de conscience de plus en plus grande “Nous sommes conscients grâce à notre niveau intellectuel”. Du coup, “les campagnes sont inutiles si elles ciblent les jeunes parce que dans notre génération, nous sommes responsables”. Donc cela ne nous concerne pas, nous autres les jeunes”. D’après Mehdi, si quelqu’un va se faire prendre dans une relation, “il ne le fera pas sans précautions”. Et d’ajouter “De plus, c’est défendu dans notre religion et c’est ce qui nous fait peur”. Et cette crainte semble les dissuader. Tarek Farhat, élève, pense la même chose que Mehdi. “Cela ne me concerne pas parce que je suis musulman. Et ceci implique qu’il n’y a pas de relations sexuelles avant le mariage”. Youssef Farhat n’a pas un autre avis à propos de ces campagnes anti MST et sida. D’après lui aussi, “ce problème ne se pose pas. Notre culture et notre religion ne le permettent pas. A cet effet, je trouve ces campagnes un peu bizarres du moment que cela ne rentre pas dans nos traditions. Et d’ailleurs, on ne le fait pas”. En revanche, Héla, élève également, rejoint dans son témoignage l’idée de Dorra et Rym. Selon notre interlocutrice, “la famille sait tout, mais elle est sans influence parce qu’elle ne parle pas et n’explique rien. C’est un “Non” sec sans arguments ni explications”. Au fond d’elle-même, Héla pense tout comme Tarek et Youssef, mais elle ne nie pas qu’il existe des problèmes liés à la sexualité non-protégée “. Puisque je suis en train de constater, j’avoue qu’il y a beaucoup de personnes qui sont des victimes de ces maladies. Les amis doivent donc en parler et se conseiller”. De là, Héla estime qu’il faut renforcer le rôle des amis dans ce genre de campagnes puisqu’ils peuvent avoir de l’influence. M.K.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com