«Rencontre en Bleu» : Passion, quand tu nous tiens…





Des artistes allemands et tunisiens tenteront à leur façon d’ “apprivoiser” les différentes cultures et d’effriter le barrage des langues. En tissant des idées, tramant des toiles et en posant des regards en couleurs sur un monde en mouvement. “Nous cherchons à rencontrer d'autres artistes de par le monde. Il nous est important de découvrir les différentes civilisations et d’échanger idées et démarches. C’est très enrichissant. Tout comme les échanges en économie ou en politique. Nous sommes dans l’ère de la mondialisation qui nous impose ses lois dans tous les secteurs. Nous autres, artistes, devons nous projeter dans l’avenir avec enthousiasme. Nous souhaitons coopérer un peu plus avec la région du Sud. Nous avons déjà un fructueux partenariat avec l’Afrique du Sud qui ne cesse au fil des ans de s’épanouir. Nous espérons continuer l’aventure avec la Tunisie qui nous intéresse et nous passionne”, nous a confié Elisabeth Lumme, membre de l’association allemande Art Verwandt qui regroupe 15 artistes très actifs et mordus d’art contemporain. De ce groupe de quinze, six ont été invités à passer à Tunis un séjour d’une dizaine de jours. Ils ont atterri le 20 mars et rentreront le 30, soit le lendemain du vernissage de l’exposition qui démarrera le 29 et se prolongera jusqu’à la fin mai. Parmi ces artistes, il y a ceux qui n’ont jamais foulé le sol tunisien et ceux qui ont eu la chance d’être invités à deux reprises au Festival d’El Mahrès (2002 et 2003). Mais il y a surtout ceux qui ont eu l'opportunité de résider, il y a quelques années chez nous. C’est notamment le cas de Karin Ripken qui a vécu avec bonheur sept ans durant sur les hauteurs de Gammarth. Saisie par l’hospitalité, tout comme son mari, elle n’est pas prête pour tout l’or et les rubis du monde d’oublier notre soleil et notre mer. Ils seront en somme près d’une vingtaine à exposer un éventail de leurs travaux. Chaque artiste a tout au plus trois œuvres, ne faisant pas entorse aux normes de l’art contemporain. Côté allemand, il y aura un brin de tout, bariolé à plaisir, de la peinture à la photographie en passant par les installations et les sculptures. Seront disposés —à la mémoire du grand sculpteur sénégalais N’dario Lo qui a subjugué ses pairs par sa série en fer “ les hommes qui marchent”— soixante-quinze petits bonshommes en céramique. Ces figures qui formeront un cortège où chacune tire par un fil une brique, incarnent le symbole du travail collectif et le bonheur de construire ensemble le monde brique par brique. Agrémentera aussi le parquet de la cathédrale Saint-Louis, plus connue sous le nom d’Acropolium de Carthage, une installation qui tire ses symboles de la religion de Jésus. Un tapis sera déroulé à souhait et parsemé non avec des fleurs, comme le veut la tradition chrétienne, mais avec de l’exposition, le tapis sera secoué sur les hauteurs de Byrsa invitant les oiseaux à picorer les graines. Côté tunisien, près d’une douzaine d’artistes affectionnant bien évidemment l’art contemporain, marqueront leur présence par un pot-pourri empruntant des images et des couleurs locales. “Au départ, nous avons trouvé beaucoup de difficultés. Mais vite elles se sont dissipées. L’idée de collaborer avec cette association allemande de grande réputation remonte à au moins trois ans. Plusieurs démarches et nous avons tenu bon. Notre ambassade en Allemagne, que nous remercions en passant, a rendu possible cette Première”, nous a dit le “géant” peintre Hamadi Ben Saâd qui n’a pas caché un large sourire de satisfaction. Il y aura bien sûr d’autres surprises à Carthage et des invités d’honneur. Le premier nous vient du pays de l’Oncle Sam. Ray Cooper nous fera découvrir l’évolution de l’art contemporain en Amérique. Puis vient Mahin Dupuis, qui soulèvera un coin du voile perse et exhibera un tumulte heureux de l’art iranien qui affiche une santé éclatante à… éblouir nos aïeux comme nos contemporains. Pourquoi a-t-on baptisé l’exposition “Rencontre en bleu”? Réponse: “Il y a le bleu du ciel qui appartient à tout le monde, il y a aussi le bleu de la mer, nourricière et qui favorise les rencontres…, mais il y a aussi, mesdames et messieurs, le bleu du travail qui conduit au fruit de la passion, NDLR”. “Rencontre en bleu” est organisée sous l’égide du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine en collaboration avec l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne. “De cette manifestation, on tirera un catalogue qui portera les intuitions créatives d’artistes et les appréciations des officiels et des invités”, tient à ajouter Hamadi Ben Saâd. “Bien sûr, nous restons ouverts à tous les artistes. Nous comptons inviter en Allemagne un groupe de peintres tunisiens. Car nous avons beaucoup à faire ensemble”, a conclu l’artiste Elisabeth Lumme. Zohra ABID _____________________ Des noms à retenir La première édition de cette “Rencontre en bleu” réunira du côté tunisien Emna Masmoudi, Feriel Lakhdhar, Rym Karoui, Yamina Dhahbi, Lâyouni, Salah Ben Amor, Salah Baccouche, Ali Nacef Trabelsi, Abdelaziz Mohseni, Jamal Esseghaïer, Amor Ghedamsi, Hamadi Ben Saâd et Férid Ben Yahia qui réside actuellement en Allemagne. Du côté allemand on cite Karin Ripken, Monika Wille, Sybille Hermanns, Isa Thalskein, Werner Kavermann, Elisabeth Lumme.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com