Jeunes et autocritique : Conscience éveillée et fautes non pardonnées





A priori, quand tout fonctionne normalement et que la chance nous sourit, il est très rare qu’on se remette en question et peu importe les moyens de cette réussite acquise ! En revanche, quand tout semble marcher de travers et que la scoumoune nous colle aux baskets, on remet tout en cause et on n’hésite pas à s’autocritiquer. Ce constat est-il valable pour les jeunes ? Tunis - Le Quotidien Manque d’argent, moral en berne, échec scolaire ou encore cœur brisé après une déception amoureuse ... Mais qu’arrive-t-il donc? On ne sait plus où donner la tête et encore moins que mettre en tête de la liste des priorités. Quand rien ne marche comme on veut, on se contente de croire que la malchance est notre “fidèle compagnon” ... D’autres remettent en cause leur manière de procéder dont Samira, 20 ans, étudiante. La jeune fille croit certes au facteur chance, mais elle reste rationnelle et garde bien la tête sur les épaules. Samira n’arrive pas à fermer l’œil quand elle a quelque chose sur la conscience. “Ma conscience est assez dure avec moi. Une fois seule le soir, je me remets en question. Certains ne recourent à l’autocritique que lorsqu’ils échouent dans un domaine bien déterminé. Moi, par contre, je me critique tout le temps. J’ai tellement peur de faire du tort aux autres ou d’agir de manière gauche. Cela dit, je me remets aussi en question quand j’échoue. Je révise mes comptes pour cerner mes failles et ne jamais refaire la même erreur”, dit-elle. Le déclic qui se passe chez Samira est automatique. Elle n’attend pas qu’on l’éveille car sa conscience est omniprésente. “Personne ne me pousse à réfléchir. C’est un processus naturel chez moi aussi bien quand je suis victime de tyrannie que lorsque je suis moi-même le sujet-acteur d’un tort et aussi quand j’échoue”, ajoute-t-elle. Samira essaye de corriger et quand quelqu’un lui fait du tort, elle apprend la leçon et se protège mieux. Radhia, 20 ans, étudiante, agit autrement. La jeune fille critique beaucoup plus les autres qu’elle ne se remet elle-même en question. “Je suis sûre de moi, je ne fais jamais du tort aux autres. Je suis très vigilante humainement et j’ai la conscience tranquille. Et je suis trop sévère envers ceux qui me font du mal parce qu’ils n’ont aucune raison de le faire. Donc si je me remets en question, c’est justement pour stopper ma tendance à être trop gentille et trop naïve. Je travaille par ailleurs sur ma propre psychologie, histoire de rendre la monnaie à ceux qui m’ont lésée pour que je ne sois plus considérée comme une proie facile”, dit-elle. Radhia est sévère aussi bien avec les autres qu’avec elle même. Quand elle échoue ou qu’elle rate des examens, elle regrette amèrement ce qu’elle a fait. “Quand j’échoue aux examens je me remets en question toute seule et d’ailleurs je me prive de nombre de choses, histoire de me punir”, ajoute-t-elle. Quand on est jeune, les études occupent une grande partie de nos préoccupations. Quand on échoue aux examens, cela vire au drame et on a droit à une vraie remise en cause. Chérif, 17 ans, élève, est un être pacifiste et sage. Le jeune homme est du genre “enfant-modèle”. Sa seule faille : la paresse “Parfois, je ne m’occupe pas comme il se doit de mes études. Je me mets à jouer aux jeux vidéos ou au foot et j’oublie complètement mes devoirs. Résultat : je ne réussis pas tous les examens. Je ne me lamente pas sur mon sort et je ne prétends pas que les enseignants ont été injustes ... Je m’enferme dans ma chambre, je me regarde dans la glace et je me critique amèrement ... Je me promets d’être plus sérieux et je me répète sans cesse que je dois dire “stop” à cette envie qui me prend à jouer”, dit-il. Amen Allah, 17 ans, élève lui aussi, se révise. Généralement, ce sont les études qui sont le sujet principal de ses préoccupations. “J’oublie parfois que je dois assumer mes responsabilités. Je néglige mes études et je ne récolte que ce que j’ai semé ! Je me mets donc à réviser mes comptes et je regrette ce que j’ai fait et, bien sûr, je me corrige”, dit-il. Le jeune élève agit parfois d’une manière gauche avec son entourage et sa conscience lui impose un remède. “Quand je fais du mal à quelqu’un que ce soit de manière préméditée ou pas, je le regrette et je n’arrête pas de me critiquer. Je fais donc tout ce qu’il faut pour me rattraper”. conclut-il. Abir Chemli Oueslati


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com