Wahid Hidoussi (Entr. O.B.) : «La valeur d’une équipe dépend de son entraîneur»





Connu pour son franc-parler, l’entraîneur actuel de l’O. Béja dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il analyse la situation actuelle des Cigognes, jauge leurs chances de maintien, commente sa déclaration qui a fait couler beaucoup d’encre il y a deux mois et ne cache pas sa gêne face à “la crise interne” du S.T. En position de relégable en Championnat, l’O. Béja vient de frapper un grand coup en Coupe en éliminant le tenant du trophée, le C.S Sfaxien. Voilà une conquête susceptible de conférer de la confiance au groupe pour la suite du parcours. — Il est vrai qu’un tel succès est de nature à faire beaucoup de bien au moral du groupe, mais j’ajouterai aussi la satisfaction d’avoir vu mon équipe développer un football de qualité qui vient confirmer les progrès enregistrés ces dernières semaines en Championnat, même si les résultats n’ont pas toujours suivi. Entendez-vous par là que le maintien parmi l’élite est désormais dans les cordes des Béjaois? — J’en suis convaincu. Je demeure donc optimiste car je compte désormais sur un effectif conscient de ses possibilités et déterminé à sauver sa place en nationale A. Pourtant, à votre arrivée à Béja vous avez déclaré que l’équipe était “à plat” physiquement et que votre prédécesseur était responsable de cette situation. D’ailleurs, cette même déclaration n’a pas plu aux observateurs car vous vous êtes attaqué à un collègue sans aucun respect à la déontologie du métier d’entraîneur! — Je ne regrette nullement ce que j’ai déclaré ce jour-là. C’était une réalité que les Béjaois devaient connaître. Je ne crois pas non plus avoir manqué de respect à quiconque, car il faut bien dénoncer ce genre de pratique. Un technicien étranger qui veut remplir ses poches et n’accomplit pas convenablement sa tâche, voilà un fait qui ne doit pas passer inaperçu. Quel jugement portez-vous aujourd’hui sur la valeur de l’effectif béjaois? — Personnellement, j’estime que la valeur individuelle des joueurs dépend essentiellement de l’entraîneur qui les dirige. Il lui appartient de tirer le maximum de ses poulains. D’ailleurs, dans un club de football, tout s’enchaîne. Un bon Bureau directeur, un staff médical compétent, un technicien performant et un environnement sain font automatiquement une bonne équipe. Mais il paraît aussi que l’Olympique de Béja souffre, comme tant d’autres clubs, de problèmes financiers. Ce facteur ne perturbe-t-il pas sa marche? — Ces derniers temps les choses s’améliorent sensiblement. Les joueurs ont touché leurs salaires et peuvent désormais se concentrer sur le football et donner le meilleur d’eux-mêmes sur un terrain. Diriger un club qui lutte pour le maintien ne constitue-t-il pas pour vous une tâche bien délicate? — Je suis un entraîneur qui aime les défis. Les difficultés ne me font pas peur. Bien au contraire. D’ailleurs, je me permets, quand c’est nécessaire, de jouer aussi au psychologue, au sociologue et au dirigeant. Chez nous, un technicien doit savoir tout faire. Que représente cette expérience dans votre carrière d’entraîneur? — Ce n’est pas la première fois que je réussis à tirer le maximum d’une formation qui ne fait pas partie du groupe des nantis. J’ai déjà fait mes preuves au Stade Tunisien, à Gafsa et à Gabès, entre autres. Pourquoi, selon vous, vous ne faites pas partie du groupe d’entraîneurs qui sont appelés régulièrement à diriger les grands clubs? — Il faut poser cette question aux présidents des clubs. Chez nous, on colle rapidement des étiquettes aux techniciens, et ces derniers les portent à vie. C’est malheureux mais c’est comme ça. Quel sentiment éprouvez-vous quand vous voyez le Stade Tunisien se débattre aujourd’hui dans des problèmes épineux? — La situation du Stade Tunisien n’honore pas les Stadistes. Son problème n’est pas d’ordre financier et cela tout le monde au Bardo le sait. Il s’agit d’une mésentente entre les hommes et c’est indigne de la part de personnes qui œuvrent au sein d’un club au passé glorieux. Continuez-vous à entretenir des relations avec ceux qui veillent sur les destinées de ce club? — Non. J’ai rompu tout contact avec eux. Revenons à l’O. Béja, votre club d’aujourd’hui. Avez-vous un message à adresser aux différentes parties de l’association? — Je remercie les joueurs pour tous les efforts qu’ils déploient pour sauver leur club. Ils assimilent convenablement les consignes et se donnent à fond sur le terrain. Ils sont appelés à confirmer lors des prochaines rencontres. Je rends hommage aussi au Bureau directeur qui n’épargne aucun effort pour assurer les meilleures conditions de travail. Quant au public, il doit continuer à soutenir ses favoris jusqu’au bout. Son apport est considérable. Propos recueillis par Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com