Les pro-syriens contre-attaquent : Un gouvernement libanais sans l’opposition





Les responsables libanais pro-syriens ont contre-attaqué en acceptant de former un gouvernement sans l'opposition mais veulent un nouveau projet de loi électoral qui risque de retarder les législatives au Liban, secoué par un quatrième attentat nocturne en 14 jours. Le Quotidien-Agences L'explosion a causé d'importants dégâts dans les sous-sols d'un centre commercial et résidentiel de six étages. Le centre abrite aussi une succursale de la Banque de la Méditerranée qui appartient à la famille de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné le 14 février. C'est le quatrième attentat à l'explosif frappant les régions chrétiennes depuis le 19 mars. Le village de Broumana est un des fleurons touristiques du Liban et c'est un lieu de villégiature très prisé et fréquenté surtout par les touristes arabes du Golfe. Lors d'une rencontre avant-hier soir des partis et députés pro-syriens, le Premier ministre désigné Omar Karamé a finalement renoncé à former un gouvernement d'union nationale, ouvrant la voie à la désignation d'un nouveau cabinet qui normalement devrait organiser les élections prévues avant fin mai. Mais le chef du Parlement Nabih Berri, qui présidait la rencontre, a aussitôt déclaré que le projet de loi électoral voté en février par le gouvernement Karamé serait retiré et qu'un nouveau projet sur la base des grandes circonscriptions, auquel l'opposition est hostile, serait mis sur la table. Le projet prévoyait l'adoption de circonscriptions moyennes répondant ainsi au désir de l'opposition et était discuté en commissions avant l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février. Cet assassinat provoqua la démission de Karamé deux semaines plus tard sous la pression de l'opposition et la rue. Mais Karamé fut désigné par le président pro-syrien Emile Lahoud le 10 mars pour former un gouvernement d'union nationale auquel l'opposition, quoique minoritaire au Parlement, a refusé de participer. L'opposition a exigé une enquête internationale sur l'asssassinat de Hariri et le limogeage des chefs de la sécurité. Le pouvoir libanais a accepté le principe d'une enquête internationale et a accentué sa pression sur l'opposition pour l'amener à sortir de son intransigeance. Soupçonnant les pro-Syriens de vouloir faire reporter les législatives qu'ils craignent perdre, l'opposition a proposé un cabinet restreint de "sages" qui s'attelerait à organiser le scrutin. "Nous faciliterons la tâche de Karamé si son cabinet est composé de personnalités acceptables car l'important est de tenir les législatives dans les délais", a affirmé hier une figure de proue de l'opposition chrétienne, le député Nassib Lahoud. Mais les pro-Syriens, menés par le puissant Hezbollah chiite, ont décidé finalement de former un gouvernement dont la tâche principale serait l'adoption d'une loi électorale qui empêcherait l'opposition de rafler la majorité des sièges, a estimé le député Bassem Sabeh, un membre du bloc de Rafic Hariri.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com