Tunis: Il fait signer des chèques en bois à son employé





Il quitta son bled dans l’espoir de trouver un emploi d’autant que tout le monde décrivait la capitale comme le paradis sur terre. Encore faut-il en rester là car un paradis peut bien cacher un enfer... Tunis - Le Quotidien A vrai dire, il n’est pas évident de trouver un emploi dans un petit village où chacun exploite la petite parcelle de terre dont il est propriétaire. A peine cela suffisait à faire vivre le bonhomme qui l’exploite. Alors pour s’en sortir, il n’avait d’autre choix que d’aller tenter sa chance sous d’autres cieux. Il faut dire que dans le village, on n’a jamais cessé de parler de la capitale, et des opportunités de travail en plus de la qualité de la vie qui attire plus d’un à venir s’y installer. Sa décision prise, il prit ses cliques et ses claques et monta à bord du premier autocar à destination de Tunis. Durant le voyage, il mit au point un plan afin de trouver rapidement du travail. Il entama ainsi ses recherches en se rendant dans les chantiers engagés ici et là dans les quatre coins de la capitale. Malheureusement cette première journée fut un échec total. En attendant le lendemain porteur, peut-être, d’un jour meilleur, notre villageois se rendit dans un café où il demanda une tasse de thé. Entre deux bouffées de tabac, il fut abordé par un monsieur qui lui demanda s’il pouvait s’attabler à ses côtés. D’emblée, ce curieux et étrange compagnon de table lui fit part de son intention de recruter un ouvrier pour s’occuper de jardin. Une occasion en or que notre villageois ne pouvait en aucun cas rater. D’ailleurs, il en profita pour faire valoir ses compétences en matière de jardinage et autres techniques d’effeuillage et d’élagage. Le soir-même, le villageois accompagne son nouveau patron chez lui et fut présenté à la maîtresse des lieux puisque c’est elle qui allait superviser son travail. L’ouvrier fut ensuite logé dans un studio situé à l’entrée de la luxueuse villa. C’était trop beau pour être vrai d’autant qu’on lui a même servi à manger. Un mois durant, le villageois fut traité comme un membre de la famille et reçut même un salaire dont il ne s’attendait guère toucher un jour. A vrai dire, c’était également l’occasion pour le féliciter du bon travail qui a transformé le jardin en une véritable oasis et comme une surprise peut bien cacher une autre, son patron lui proposa de se lancer dans le monde des affaires. Du coup, il l’encouragea à fonder une petite entreprise spécialisée dans les travaux de jardinage. Mieux encore, le patron se montra généreux en décidant d’ouvrir un compte bancaire au nom de son employé qui fut au passage nommé gérant de la nouvelle société. Dans la mêlée, le villageois obtint un carnet de chèques et le remit directement à son patron. C’est qu’il ne savait pas trop quoi en faire. Au passage, le patron expliqua à son employé qu’il fallait, au besoin,signer ces bouts de papiers pour pouvoir payer les factures, c’est ce qu’on appelle la gestion de la société, lui signala son ange gardien. En réalité, l’employé qui ne comprenait pas trop ce que son patron voulait dire se contentait de signer les chèques à chaque fois qu’on le lui demandait. Il faut dire que rapidement il a pu constater la rentabilité de ce projet juteux . C’est que de temps en temps, le patron remettait des sommes d’argent à son employé comme étant des bénéfices générés par les activités de l’entreprise. Cela dura six mois, après quoi, l’employé disposant d’un joli pactole décida de rentrer au bled. Et voilà qu’à l’entrée de la gare, il fut soumis à un contrôle de papiers. Coup de théâtre, les agents de l'ordre lui ont signalé qu’il est recherché dans plusieurs affaires relatives à l’émission de chèques sans provision et même que des jugements ont été rendus à son encontre par contumace. Arrêté et conduit au poste, le malheureux jardinier n’avait qu’un seul choix, celui de formuler un recours afin de s’opposer aux jugements prononcés à son encontre. Il a été, en outre, relâché en attendant d’être traduit devant la justice comme le veut la procédure. Entre-temps, l’employé est allé voir son patron pour comprendre ce qui s’est produit. Deuxième coup de théâtre, le villageois a été renvoyé violemment et son patron a rejeté toute responsabilité dans cette affaire. Du coup, il a été obligé d’aller porter plainte à son tour accusant son patron d’escroquerie. Aura-t-il gain de cause? C'est à la justice de trancher dans cette affaire abracadabrante H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com