Sharon reçoit des colons de Gaza : La réunion de la dernière chance





Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a dû recevoir hier des colons de la bande de Gaza en vue d'isoler les plus extrémistes d'entre eux qui s'opposent farouchement à l'application cet été de son plan d'évacuation de cette région. Le Quotidien-Agences Sharon a dû recevoir hier en fin de journée une délégation d'une dizaine de responsables colons résidant dans le bloc de colonies de Goush Katif dans le sud de la Bande de Gaza. Selon les commentateurs, Sharon espère ainsi briser le front des opposants au retrait en tentant de convaincre le maximum de colons de quitter dans le calme la Bande de Gaza. "Il s'agit d'un entretien sur les préparatifs du retrait au cours duquel le Premier ministre et ses interlocuteurs vont discuter, et notamment de la possibilité de voir les habitants de Goush Katif s'installer tous ensemble après le retrait dans une nouvelle localité située à Nitzanim entre Ashdod et Ashkelon", au sud d'Israël, a indiqué un collaborateur de Sharon. Ces contacts ont d'ores et déjà provoqué la zizanie parmi les colons. Les éléments les plus intransigeants d'entre eux ont dénoncé la tentative du Premier ministre de semer division et confusion dans leur rangs. "Ceux qui participent à cette rencontre font preuve de faiblesse, ils sont manipulés. Nous refusons de parler avec Sharon, car on ne discute pas avec l'ennemi, on le combat", a affirmé à la radio militaire Avi Farhan, un colon d'Alei Sinaï dans le nord de la Bande de Gaza. Les extrémistes, qui ont perdu la bataille au parlement et au gouvernement, ont annoncé leur intention de poursuivre leur lutte "sur le terrain" en faisant venir des "dizaines de milliers" d'Israéliens dans les colonies de la Bande de Gaza afin de rendre leur évacuation impossible par l'armée et la police. Plusieurs appels à la désobéissance adressés aux soldats ont également été lancés par des rabbins-colons et plusieurs organisations d'extrême-droite pour tenter de saboter l'opération qui doit commencer à partir du 20 juillet et durer trois à quatre semaines. Mais cette ligne jusqu'auboutiste ne fait pas l'unanimité. Israël Hazit de la colonie de Gadit, un des colons qui ont rendez-vous avec Sharon, a ainsi affirmé à la radio militaire que cette rencontre "vise à ouvrir une voie de communication". "Notre objectif est de limiter les dégâts si, par malheur, ce mauvais plan est appliqué", a-t-il affirmé. La radio a précisé qu'un millier de familles sur les 1.600 que comptent les colonies de Goush Katif pourraient déménager à Nitzanim. Les travaux de construction d'une telle localité pourraient durer trois ans ce qui contraindraient les colons à trouver des logements provisoires. La première famille de Goush Katif a signé dimanche un accord sur son déménagement avec les autorités et va percevoir en échange une avance correspondant aux trois quarts des indemnités qui lui seront accordées, a par ailleurs ajouté la radio. Pour encourager les colons à ne pas s'opposer au retrait par la violence, Sharon pourrait, toujours selon la radio, augmenter les indemnités prévues pour les colons. Ces compensations pourraient atteindre dans certains cas jusqu'à un demi-million de dollars par famille. Le budget 2005 prévoit une enveloppe de 600 millions de dollars pour financer les indemnités des colons ainsi que les dépenses militaires prévues dans le cadre du retrait de la bande de Gaza. Le coût total du retrait a été fixé à 1,5 milliard de dollars. Les dépenses seront étalées sur les années budgétaires 2006 et 2007. ____________________ Aide financière Le vice-Premier ministre israélien Shimon Pérès a annoncé hier qu'il se rendrait à Washington pour demander une aide financière américaine pour le retrait programmé de la Bande de Gaza et de quatre colonies isolées de Cisjordanie. Interrogé par la radio de l'armée israélienne, Pérès a déclaré qu'il devait rencontrer le vice-président Dick Cheney et d'autres responsables de l'administration américaine.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com