Ventes d’armes à Pékin : Bush s’en prend à l’Europe





Décidés à empêcher la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine, les Etats-Unis ont fait monter la pression d'un cran sur le Vieux Continent. Le Quotidien-Agences En visite deux jours à Bruxelles, Robert Zoellick, le secrétaire d'Etat adjoint américain, a, pour la première fois, brandi la menace de représailles économiques. Si l'Europe mettait fin à ses sanctions contre Pékin, comme le réclament Paris et Berlin, «cela affecterait la coopération transatlantique en matière de défense», a averti l'envoyé de Condoleezza Rice. Le message de Washington est désormais très clair. Il a été répété à la Commission européenne et au Parlement à Bruxelles. Jusqu'ici, seul le Congrès américain avait osé évoquer des mesures de rétorsion contre les Européens. Désormais, c'est la ligne officielle à Washington. Côté américain, ce changement de tactique est censé venir à bout de l'entêtement du couple franco-allemand. «A moins que Paris et Berlin soient prêts à déclencher une nouvelle crise transatlantique...», commente un diplomate américain. Ancien représentant spécial pour le Commerce, devenu numéro deux de la diplomatie américaine, Robert Zoellick manie le chantage commercial sans complexe, surtout face aux Européens, qu'il a déjà affrontés dans le conflit entre Boeing et Airbus. Lorsqu'il fait comprendre à quoi pourraient ressembler des représailles américaines sur l'industrie de la défense, il est pris au sérieux. «Les types d'arrangements que nous avons avec des groupes de défense en Europe pourraient être bouleversés», glisse-t-il, en faisant allusion aux investissements croisés entre Américains et Européens dans le secteur de la défense, notamment dans les groupes anglo-américains. L'habile Robert Zoellick ne s'arrête pas là. Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, il a évoqué les risques qui pourraient peser sur «les transferts de technologies de la défense des Etats-Unis vers l'Europe». Un propos qui menace les projets militaires européens, où Paris, Berlin et Londres sont tant impliqués. Le chantage commercial exercé par Washington a déjà porté ses fruits. Devant les risques économiques et politiques, Londres s'est désolidarisée du couple franco-allemand, brisant le fragile consensus européen sur ce dossier. Le changement de ton s'opère aussi dans les milieux industriels, les premiers concernés, a priori, par la levée de sanctions visant la Chine.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com