«Histoire de la Femme Tunisienne» : Difficile accouchement théorique





Peut-on écrire l’histoire de la femme tunisienne? Une réponse immédiate à cette question serait “osée”. M. Taoufik Bachrouch, historien et chercheur, nous dit pourquoi. “Sources et écriture de l’histoire. Peut-on écrire l’histoire de la femme tunisienne?”, tel était le thème de cette recherche présentée, il y a quelques années et que l’auteur a voulu en débattre, de nouveau, en raison de la persistance d’un certain nombre d’interrogations sur l’évolution de l’histoire sociale de la femme tunisienne. “On ne peut pas soulever le problème des femmes sans se référer à son historique, de Carthage à nos jours, et aux concepts forgés à ce sujet?”, s’interroge le conférencier. S’agissant des concepts, Taoufik Bachrouch a souligné que depuis le dix-neuvième siècle la mise en place de la notion du genre, les théoriciens n’ont pas pu concocter une vraie histoire sociale de la femme tunisienne. Il n’y a pas eu, non plus une définition claire, du rôle de la gent féminine. “Des femmes comme Aziza Othmana, bien que leur rôle soit important à travers l’histoire, il n’est pas défini de façon claire”, constate le conférencier. Au plan historique, Taoufik Bachrouch a précisé que toute l’évolution de l’histoire de la femme tunisienne se résume à celle de Didon et de Sophonisbe. La première, symbolise le comportement versatile, tandis que la vie de la seconde se réduit à la fidélité. Et le chercheur de souligner: “Bien que les deux personnages aient joué un rôle important dans la civilisation carthaginoise, le femme tunisienne ne s’est pas référée, à travers son évolution, à l’histoire de ces deux personnages. De même, à ce conflit entre les deux personnages, semblent se résumer aussi les divergences de personnage entre la femme orientale et celle occidentale. En effet, depuis l’aube de l’Islam, tous les oulémas s’étaient évertués à élaborer un ensemble de textes juridiques ainsi que des lois pour définir le statut de la femme. Selon le chercheur, l’histoire de la femme tunisienne ne peut être écrite et confondue avec l’évolution de la jurisprudence. La question, poursuit-il, est de savoir ce qui est négociable dans le patrimoine juridique et ce qui ne l’est pas. Aussi bien les chercheurs que les mouvements féministes n’ont pu apporter de leur côté, une réponse précise à cette question. Et l’histoire de la femme ne serait écrite avec précision et clarté lorsque cette énigme serait déplacée”, a conclu le conférencier. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com