Jaâfari s’attelle à former un gouvernement de technocrates: Accélérer les réformes pour un retrait rapide des forces multinationales





Le Premier ministre irakien désigné, le Chiite Ibrahim Jaâfari, entamait hier des consultations pour former un gouvernement de technocrates au passé irréprochable. Il a par ailleurs assuré qu’il travaillerait pour relever les services de sécurité afin de fixer un calendrier pour le retrait des troupes multinationales. Le Quotidien-Agences Jaâfari a été nommé Premier ministre avant-hier par le Conseil présidentiel, la plus haute autorité de l’Etat formée du président kurde Jalal Talabani et des vice-présidents Ghazi Al-Yaouar et Adel Abdel Mahdi, après la prestation du serment de ces derniers. Le chef du parti fondamentaliste chiite Dawa a exprimé «l’espoir de compléter la formation du gouvernement d’ici deux semaines, même (s’il) dispose d’un mois pour cela», selon la constitution provisoire. Jaâfari a ajouté qu’il serait «particulièrement attentif à ce que les portefeuilles ministériels soient tenus par des technocrates très efficaces et honnêtes, en tenant compte de leur passé et de leurs capacités de travail». Il a assuré qu’il «prendrait en compte la variété démographique de l’Irak» en référence aux différentes communautés. Dans un signe d’ouverture aux Arabes sunnites, grands perdants des élections qu’ils ont largement boycottées, il a offert de «travailler en confiance» avec eux. Concernant la sécurité, il a dit que son gouvernement «travaillerait dur pour relever les services de sécurité, en termes de qualité et de quantité, afin de fixer en retour un calendrier pour le retrait des forces multinationales» d’Irak. La candidature de Jaâfari était présentée par l’Alliance unifiée irakienne (AUI), première formation parlementaire avec 146 députés et grand vainqueur des élections générales du 30 janvier. Un des proches de Jaâfari et député de l’AUI, Jawad Al-Maliki, a indiqué qu’un quart des quelque 30 postes ministériels prévus irait aux femmes. Selon lui, la liste de l’AUI aura les postes importants des Finances, de l’Intérieur et du Pétrole, et la coalition kurde prendra les portefeuilles des Affaires étrangères et «pourrait avoir celui de la Planification comme lot de consolation pour n’avoir pas eu celui du Pétrole» qu’elle réclamait. Pour les sunnites arabes, ils auront au moins six ministères y compris celui de la Défense, a-t-il dit. Talabani a défendu le système de quota et le partage des responsabilités au sein du gouvernement en fonction des considérations ethniques et sectaires. Mais, a-t-il ajouté, «nous traversons des circonstance spéciales qui requièrent une conciliation nationale jusqu’à la rédaction d’une nouvelle constitution. Ensuite les considérations électorales seront prises en compte». Pour Washington, la nouvelle équipe dirigeante à Bagdad constitue une victoire d’étape et le département d’Etat a souhaité que le calendrier des prochaines échéances politiques soit respecté. «Tout le monde est d’accord sur l’importance de respecter le calendrier», selon le département d’Etat. L’Assemblée nationale doit en principe rédiger d’ici au 15 août la Constitution permanente, pour ratification par référendum avant le 15 octobre. Un délai non renouvelable de 6 mois est possible en cas de difficultés. Si la Constitution est approuvée dans les temps, des élections générales devront se tenir au plus tard le 15 décembre et un nouveau gouvernement devra être mis en place au plus tard le 31 décembre. Donnant en outre un avant-goût des difficultés attendant le cabinet Jaâfari, des partisans du chef chiite radical Moqtada Sadr s’apprêtent à organiser une énorme démonstration aujourd’hui à Bagdad pour réclamer le retrait des troupes américaines. Elle commencera à la place Ferdaous où le 9 avril 2003, une centaine de personnes aidées par les GI’s avaient mis à bas sur cette place la statue de l’ancien président déchu Saddam Husseïn, selon un proche de Moqtada Sadr.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com