Liban : La formation du gouvernement renvoyée aux calendes grecques





La formation d'un nouveau gouvernement libanais, attendue hier, a été reportée en raison de divergences de dernière minute sur la loi qui doit organiser des élections législatives fin mai. Le Quotidien-Agences «La formation d'un nouveau gouvernement a été retardée par des divergences sur la loi électorale, mais le Premier ministre désigné Omar Karamé tente d'aplanir les obstacles qui ont surgi à la dernière minute", a indiqué un membre du gouvernement démissionnaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. Le Liban attend la formation d'un gouvernement depuis la fin février et la démission de Karamé , deux semaines après l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri qui a plongé le pays dans une grave crise politique. "Le rendez-vous pris par Karamé pour proposer au chef de l'Etat la liste du nouveau gouvernement, qui devait avoir lieu en matinée, a été retardé pour donner aux médiations le temps d'aplanir les divergences", a ajouté cette source. Selon la Constitution, le Premier ministre désigné, un proche de Damas, doit établir de concert avec le président la liste du gouvernement. Karamé avait annoncé samedi, à son retour du Vatican où il avait assisté avec le chef de l'Etat Emile Lahoud aux obsèques du pape, que sa nouvelle équipe serait prête lundi (hier). Mais selon une source proche du dossier, le président Lahoud et le ministre de l'Intérieur démissionnaire Soleiman Frangié, deux principaux alliés chrétiens de la Syrie, ont pris ombrage de la volonté affichée par Karamé de retirer du parlement un projet de loi prévoyant un découpage du territoire national en petites circonscriptions électorales, les caza, au profit d'une circonscription unique, la Mohafaza. "Le président Lahoud est contre la stratégie de louvoiement, qui vise à retirer le premier projet et propose que le parlement tranche rapidement, car un nouveau retard risquerait d'hypothéquer les élections législatives", a ajouté la même source. Les petites circonscriptions favoriseraient la représentation des chrétiens. Mais le Rassemblement des blocs parlementaires pro-syriens estime justement qu'il n'est pas forcé de courtiser l'opposition chrétienne : il insiste sur la tenue d'élections sur la base des accords de Taëf, qui prévoient le découpage sur la base de la Mohafaza. Pour les députés du Rassemblement, la grande circonscription permet un meilleure mixage entre les diverses composantes religieuses du pays. Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah chiite (12 députés sur 125), Mohammad Raad, a affirmé que si "l'opposition veut des élections au niveau du caza, ils n'ont qu'à faire tomber le gouvernement au parlement". Le président du Parlement, Nabih Berri, a surenchéri en estimant que "la formule du caza est désormais dépassée". Berri dispose d'un bloc parlementaire de 19 députés. Le camp pro-syrien dispose toujours de la majorité parlementaire mais des divergences commencent à apparaître, deux députés et ministres démissionnaires ayant annoncé qu'ils refuseraient de participer à un nouveau cabinet. Le député et leader druze Walid Joumblatt a réitéré ce week-end son souhait que le scrutin se tienne sans délai, tout en estimant que l'opposition "gagnera" quel que soit le système électoral adopté. Parallèlement, l'armée syrienne poursuit l'évacuation de ses troupes. Plusieurs positions d'artillerie dans l'ouest de la Békaa ont été démantelées ces dernières heures. Damas s'est engagé à retirer toutes ses troupes du Liban d'ici le 30 avril.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com