«Le Maréchal 2005» : Ces détails qui font la différence…





Curiosité et nostalgie ont été derrière cet afflux du public vers le Théâtre Municipal le samedi soir. L’événement était la présentation de la première du “Maréchal 2005”. C’était beau et amusant mais il avait un goût d’inachevé. Lecture dans les circonstances du retour du Maréchal qui semble prendre quelques rides! C’est toujours avec le même humour et la même gaieté qu’on joue le Maréchal depuis sa création en 1967. C’était le cas lors de la première représentation du “Maréchal”, après 38 ans. Tant mieux pour l’équipe de Abdelaziz Maherzi, le nouveau commandant du “Maréchal 2005”, qui a fait entrer la joie dans les cœurs des spectateurs. Dès l’annonce de la reprise de la pièce “Le Maréchal” par la Troupe de la Ville de Tunis, on n’arrêtait pas d’en parler! “Le Maréchal”, ce chef-d’œuvre du théâtre tunisien, est une pièce jamais démodée où le rire est toujours garanti. C’est une partie de la mémoire collective des Tunisiens qui connaissent par cœur ce “Maréchal” qui a réunit, il y a 38 ans, deux maîtres du théâtre Tunisie: Noureddine Kasbaoui en tant qu’adaptateur et Aly Ben Ayed au niveau de la mise en scène. Chargé de reprendre “Le Maréchal”, Abdelaziz Maherzi, qui a déjà joué dans “Le Maréchal” de 1967, connaît pertinemment les enjeux de la reprise d’une pièce à succès. Entouré d’une brochette de nos meilleurs comédiens, Abdelaziz Maherzi n’a pas déçu le grand public venant essentiellement pour découvrir ce “Maréchal” hors pair. Des rires puérils, des applaudissements, des commentaires d’ici et de là… “Le Maréchal 2005” continue à récolter les succès. La nouvelle équipe aussi et en particulier Sofiène Chaâri, le nouveau Maréchal. Le retour du “Maréchal” qui a été avec une équipe presque nouvelle, excepté Amor Zouiten, Mouna Noureddine, Habiba Souissi et Abdelaziz Maherzi, présente un nouveau staff artistique et technique. Sofiène Chaâri (Le Maréchal), Mouna Noureddine (Douja), Mongi Ben Hafsia (Morched, caporal-chef), Kaouther Bardi (Zohra), Hajer Hachana (Ilhème), Zouheïr Raïes (Fadhel), Amor Zouiten (Hassen), Fayçal Bezzine (Houcine), Fethi Messelmani (Farhat), Jamel Sassi (Hédi), Lamia Amri (Frida), Farhat Djedid (enseignant de musique), Ikram Azzouz (enseignant de danse), Aziza Boulabyar et Habiba Soussi (deux cuisinières), Mohsen Zaâzaâ (éducateur physique), Salah Rahmouni (jardinier), Tahar Radhouani (le chauffeur), Farhat H’nana (enseignant de langue arabe) et Haddad Bouallègue (le couturier) ont mis la main dans la main pour réussir cette reprise. Dans la villa du “Maréchal”, ce bourgeois arriviste qui veut devenir noble, se déroulent les événements de cette pièce adaptée du “Bourgeois gentilhomme” de Molière. Les comédiens étaient en grande forme. Chacun d’eux connaît bien son rôle et les enjeux. La reprise a été intacte! Seuls deux comédiens ont pu se distinguer et ont essayé de se détacher de la peau de leurs précédents, Sofiène Chaâri et Ikram Azzouz. * Des talents et des griffes… Pour son premier passage du petit écran aux planches Sofiène Chaâri a excellé parce qu’il a su se glisser bel et bien dans la peau du Maréchal. Sofiène Chaâri a interprété avec beaucoup d’amour ce rôle que le regretté Hamda Ben Tijani a présenté, depuis et durant des années, avec succès. Collé à la peau du Maréchal, Sofiène Chaâri a pu mettre sa propre touche sur ce rôle-clef. Chaâri a été bien dans sa peau, des déplacements bien étudiés… Sofiène, le nouveau Maréchal, n’avait pas le trac surtout en faisant les tableaux de danse (flamenco, valse)… C’est avec souplesse et humour que Sofiène Chaâri a dansé. Le chouchou de la télévision tunisienne, surtout pour ces deux dernières années, a réussi son passage sur les planches du théâtre. Un grand avenir attend ce Maréchal! Mention spéciale à Ikram Azzouz qui a coloré son rôle par une nouvelle teinture, donnant à cet enseignant de danse la liberté de s’exprimer. Ikram Azzouz a innové en cherchant à faire apprendre au Maréchal la valse. Cette danse à trois temps a été relookée sur des notes rythmées; Ikram Azzouz a brodé, tout en respectant la version originale, les nouveaux traits de ce personnage. Pour les autres comédiens, leur interprétation a été linéaire; ils ont repris pratiquement les mêmes gestes et paroles comme si rien n’avait changé. * Un Maréchal déconnecté “Le Maréchal 2005”, c’est sans titre qu’on présente la nouvelle version de cette pièce. A l’ère des mutations technologiques, le Maréchal avait son propre GSM et connaît tout ce qui concerne le support de communication. Comme début, c’était bien sauf que ça n’a pas duré. On attendait que Abdelaziz Maherzi creuse encore dans l’actualité et que les changements et les rectifs soient fondamentaux. “Les belles traductions sont celles qui ne sont pas fidèles!”, dit-on et c’est ce que la Troupe de la Ville de Tunis a oublié en reprenant ce chef-d’œuvre dont la traduction et l’adaptation ont été faites en 1967. Au lieu que le Maréchal fasse appel à un enseignant de langue arabe, nous aurions aimé le voir et l’écouter apprendre l’anglais ou le français. “Why, where, what, how are you?…” et d’autres expressions anglaises auraient pu faire l’affaire. Pourquoi ce Maréchal de l’année 2005 branché à la High technologie n’a-t-il pas cherché à apprendre l’Internet et le chat? “Le Maréchal 2005”, pièce à succès mais qui mérite que Abdelaziz Maherzi mette sa touche personnelle comme Naoufel Ben Aïssa l’a fait dans le cadre de la Troupe de la Ville de Tunis pour la musique arabe. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com