«Sophonisbe: la Gloire de Carthage» : Le roman de l’amour et de la guerre





Prix Comar du Premier roman en 2000 pour “Le Faucon d’Espagne”, où il raconte la saga de Abderrahmane Eddakhel, conquérant de l’Espagne, Rafik Darragi revient avec un nouveau roman “Sophonisbe: la gloire de Carthage” (éditions Seguier, Paris 2004). “Il n’y a que les femmes à grand caractère qui puissent me rendre heureux”, disait Stendhal, une citation reproduite en exergue de ce roman de 266 pages, qui brosse une galerie de portraits de femmes —et d’hommes— aux caractères bien trempés. Parmi ces personnages, celle qui donne son nom au roman, Sophonisbe, princesse de Carthage devenue reine de Numidie et dont le destin tragique a inspiré plusieurs auteurs classiques. Née à Carthage vers 235 av.J, Sophonisbe fut élevée par son père dans la haine de Rome. “Tu seras reine un jour et tu lutteras pour défendre la terre de tes ancêtres”, lui dit son grand-père, sous la plume de Rafik Darragi. Réponse de la jeune fille: “bien sûr que je défendrai jusqu’à la mort. Je déteste ces Romains”. Fiancée à Massinissa, le chef numide dont elle était depuis longtemps amoureuse, elle finit par épouser un autre chef numide Syphax, qui ne lui était pas indifférent. Au contraire. Sophonisbe qui appréciait chez les hommes leur bravoure au combat et leur sens du sacrifice pour la cause de leur peuple avait, il est vrai, de bonnes raisons d’apprécier ces deux-là. Mais le destin qui s’est joué du sort de la cité punique, acculée à livrer une interminable guerre à sa grande rivale de l’autre rive de la Méditerranée, Rome, a réservé aussi à Sophonisbe un sort tragique. Après la chute du royaume de Cirte et la débâcle des troupes de Syphax sous les assauts répétés des armées de Massinissa, soutenues par celles de Scipion le Romain, Sophonisbe fut réclamée comme butin de guerre. La reine préfère se donner la mort qu’entraîner le déshonneur à sa famille. “Sophonisbe saisit la coupe et la posa délicatement sur une petite table près de son lit, à portée de sa main. Puis elle se livra à une petite séance de maquillage selon l’antique rituel. Elle voulait sa présenter à la mort dans tous ses atours. Elle laisserait ainsi le souvenir d’une femme belle et dévouée, qui avait choisi délibérément le sacrifice suprême, afin de sauver les deux passion de sa vie, Carthage et Massinissa”, écrit Rafik Darragi dans ce roman épique, au ton alerte, parois même poétique et surtout facile à lire. A travers les rivalités entre Rome et Carthage, les petits royaumes numides, Massinissa et Syphax, Sophonisbe et Sydgna, reine numide amoureuse elle aussi de Massinissa, à travers aussi la chronique des alliances et des trahisons, des attaques et des déroutes, les déboires des cœurs et les appels du devoir, l'auteur nous fait revivre les bruits et les fureurs de cette époque vouée à l’héroïsme et à la tragédie. Peu de temps après la mort de Sophonisbe, Carthage sera livrée aux flammes. Les légendes, on le sait, ne meurent jamais. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com