Rumsfeld à Bagdad : «Nous n’avons pas une stratégie de sortie»





• Double attaque-suicide contre un convoi US à Mossoul Les Etats-Unis n'ont toujours pas élaboré une stratégie de sortie de leurs troupes d'Irak et tout retrait dépend de la capacité des forces irakiennes à prendre en main la sécurité, a indiqué le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld en visite en Irak hier sur fond de résistance. Le Quotidien-Agences "Nous n'avons pas vraiment une stratégie de sortie. Nous avons une stratégie de victoire. Notre mission ici consiste à mettre le pays sur la voie de la démocratie, de la liberté et d'un gouvernement représentatif", a dit Rumsfeld aux journalistes. Il s'exprimait après des entretiens avec le nouveau président Jalal Talabani et le Premier ministre désigné Ibrahim al-Jaafari. "Les institutions (militaires irakiennes) doivent développer leur capacité pour assumer la responsabilité de la sécurité, et une fois prêtes, la responsabilité des forces de la coalition diminuera et celles-ci seront en mesure de quitter le pays", a dit le chef du Pentagone. Talabani et Jaafari, de même que le vice-président Ghazi al-Yaouar ont tous dit ces derniers jours que les forces irakiennes, entraînées par les troupes américaines, étaient encore incapables d'assumer entièrement le travail, rendant prématuré tout dialogue sur un retrait des 140.000 GI's. Interrogé si les Etats-Unis entendaient maintenir des bases permanentes en Irak, Rumsfeld a indiqué que cette question devrait être discutée avec le gouvernement irakien qui sera élu en décembre 2005, après la rédaction et le vote de la Constitution définitive du pays. "Il ne serait pas convenable de discuter (de cette question) avec le gouvernement de transition", selon lui. Rumsfeld a exhorté Talabani et Jaafari à respecter le calendrier fixé pour soumettre la constitution définitive à référendum en octobre. "Je souhaite vivement qu'il n'y aura pas de retard. Certains peuvent dire nous ne pouvons pas faire cela (dans les temps) et qu'il faut retarder", a-t-il ajouté. "Je pense que le peuple irakien mérite d'avoir une constitution". Le secrétaire à la Défense a par ailleurs mis en garde contre "la corruption" qui pourrait selon lui saboter les progrès politiques et économiques dans le pays. "Nous avons la chance de continuer à faire des progrès dans les domaines politique et économique. Il serait malheureux de retarder cela ou de le perturber en raison de manque de confiance ou de corruption au gouvernement", a-t-il dit. Jaafari a affirmé qu'il combattrait la corruption. "Je suis sûr que nous aurons de bons ministres. Tous sont de bons technocrates, très efficaces et viennent de différents milieux. J'espère que nous ferons face avec succès à ces défis et nous combattrons le terrorisme", a-t-il dit. De son côté, Talabani a indiqué avoir assuré à son interlocuteur américain qu'un "gouvernement verrait le jour le plus tôt possible. Nous espérons avoir un cabinet avant la fin de la semaine", a-t-il dit. Le président irakien a aussi souligné la nécessité de "poursuivre la lutte contre le terrorisme et la corruption". * Eviter des purges Dans l'avion qui le conduisait de Washington à Bagdad, où il est arrivé hier pour une visite surprise d'une journée, Rumsfeld a aussi demandé aux dirigeants irakiens d'éviter d'effectuer des purges au sein des forces de sécurité et des autres institutions publiques. "Vous ne pouvez pas faire ça, si vous essayez de créer une chaîne de commandement dans les forces de sécurité irakiennes et de vaincre une insurrection enragée", a-t-il souligné. C'est la première fois qu'un responsable américain évoque aussi directement la crainte de purges. Rumsfeld devait se rendre ensuite dans le nord du pays pour rencontrer le dirigeant kurde Massoud Barzani, selon son entourage. * Double attaque à Mossoul La visite de Rumsfeld intervient au moment où cinq Irakiens ont été tués et trois autres blessés dans une attaque-suicide à la voiture piégée contre un convoi de l’armée américaine à Mossoul où précésément le Secrétaire d’Etat devait se rendre dans la journée, selon une source de sécurité, l’hôpital de la ville du nord de l’Irak et un témoin. Une deuxième attaque-suicide ayant blessé quatre Irakiens a été commise à Mossoul, a annoncé la police irakienne. L’attaque a été commise au passage d’un convoi militaire américain dans le quartier Sinaï, dans l’ouest de Mossoul, soit deux heures après la première. La ville du Mossoul, à dominante sunnite, est le théâtre de nombreuses attaques contre les forces américaines comme les forces de sécurité irakiennes. Par ailleurs, quatre chefs de groupes liés à Al-Qaïda ont été arrêtés lors d’une opération militaire irako-américaine lundi dans le sud de Bagdad, ont indiqué hier des officiers américain et irakien.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com