Sofiène Chaâri (Le Maréchal) au «Quotidien» : «Le théâtre? un rêve de gosse…»





Le nouveau Maréchal nous a parlé sans gants, avec une vive sympathie de son parcours du combattant. Sofiène Chaâri vit désormais sur un petit nuage. Il y a de quoi: le rêve de sa vie s’est converti finalement en une réalité. Et quelle belle réalité! Quelle a été votre stratégie pour réussir le passage du petit écran aux planches et surtout pour réduire les risques d’échec? — Je suis très discipliné par nature et à chaque fois qu’on me propose un rôle, je le prend avec beaucoup de sérieux et je respecte beaucoup les indications du réalisateur. Mes collègues et les réalisateurs avec lesquels j’ai travaillé disent que je suis très attentif et je capte très vite les détails. Pour “Le Maréchal 2005”, j’ai essayé de faire de mon mieux et d’être à l'écoute du metteur en scène, Abdelaziz Maherzi qui m’a bien orienté. Ce qui m’a encouragé vraiment c’est que, lors des réunions qui ont eu lieu avec les responsables, tout le monde s’est mis d’accord sur le fait que “Le Maréchal 2005” n’est pas une reprise de l’ancienne version de cette pièce à succès, mais c’est une nouvelle vision, une nouvelle approche du texte adapté par le regretté Noureddine Kasbaoui. Alors avant qu’on commence les répétitions et que le chantier soit ouvert, je me suis mis au travail en regardant un enregistrement de cette pièce le matin et le soir afin d’apprendre la manière avec laquelle parle “Am” Hamda, le Maréchal. Comment il articule les mots, son accent… Tous les détails, je les ai appris par cœur sauf que “Si” Abdelaziz avait une autre stratégie. Il a voulu que ces détails se gravent dans ma mémoire, puis il m’a demandé de parler comme un Tunisois; les deux registres se sont croisés. Ce qui fait que certaines expressions du Maréchal de 1967 sont glissées inconsciemment dans les discours du nouveau Maréchal. Abdelaziz Maherzi a voulu que le nouveau Maréchal, cet arriviste, soit tiraillé entre deux jargons, et il me semble qu’il a réussi. Vous n’avez pas eu le trac surtout que vous êtes sûr que le public va, dès les premières secondes, faire une comparaison entre vous et le grand comédien Hamda Ben Tijani? — Le trac non! Mais de l’inquiétude! C’est un sentiment qui m’accompagne toujours dans toutes les productions et c’est naturel car je veux que le travail soit présenté comme il se doit. Je ne vous cache pas qu’à chaque fois, quand je présente un nouveau travail, je passe une nuit blanche; mille et une choses passent dans ma tête et rien ne me soulage que de sentir la satisfaction du public. Les applaudissements du public surtout lors de la première représentation ont évacué mon stress. Pour l’interprétation du rôle du Maréchal, j’ai essayé de me glisser dans la peau de ce personnage tout en gardant l’âme de Sofiène Chaâri. J’ai essayé de donner à ce Maréchal de mon âme, de mon humour… de moi-même. Le théâtre a été pour moi un rêve. Le chouchou de la télévision tunisienne rêve du théâtre… — Oui. c’était mon rêve depuis mon jeune âge. J’ai beaucoup accompagné mon père Habib Chaâri qui a été un comédien dans la Troupe de la Ville de Tunis. J’ai été proche de cette ambiance et au cœur des projets artistiques de cette troupe. Et chaque fois qu’on préparait une nouvelle pièce, nous étions, les enfants des comédiens, dans les loges. On observait toutes les étapes de la gestation d’une pièce. Pour “Le Maréchal”, je l’ai vu plusieurs fois sur les planches du Théâtre Municipal et elle est gravée dans ma mémoire aussi bien que dans mon cœur. A ce stade, je veux bien préciser que “Le Maréchal 2005” est un hommage à tous les artistes qui ont fait le succès du Maréchal. Si c’est à vous de choisir un autre rôle, lequel choisissez-vous? — J’aime bien tous les rôles du regretté Noureddine Kasbaoui. J’aime aussi son humour et sa gaieté. J’espère que l’occasion se représentera une autre fois via un texte écrit pour moi spécialement pour que je puisse m’éclater sur scène. Propos recueillis par Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com