Liban : Karamé jette l’éponge





Le Premier ministre libanais désigné, Omar Karamé, a annoncé hier qu'il avait renonce à la formation d'un gouvernement, ses consultations ayant abouti à une "impasse", une décision qui approfondit encore la grave crise politique que connaît le Liban. Le Quotidien-Agences "J'avais déjà donné ma lettre de démission au chef de l'Etat lundi soir et le président Lahoud m'a demandé de temporiser pour donner le temps à des tractations de dernière minute, mais comme je ne vois pas de changement, je réaffirme ma décision de démissionner", a-t-il annoncé au cours d'une conférence de presse. Karamé a dit avoir pris cette décision en raison des "divergences qui sont apparues" dans le camp pro-syrien. "Face à la poursuite des divergences, je suis arrivé à une impasse. Je renonce à former un gouvernement", a-t-il ajouté. Un haut responsable libanais avait, par ailleurs, affirmé que la Président Lahoud avait accepté la démission de Karamé. Karamé, qui avait démissionné le 28 février pour être à nouveau désigné Premier ministre le 10 mars par la majorité parlementaire pro-syrienne est un leader sunnite du nord du Liban et proche de la Syrie. Accusant les autorités pro-syriennes de chercher à différer les élections législatives prévues en mai en prolongeant artificiellement la crise politique, l'opposition libanaise a, pour sa part, menacé de reprendre ses manifestations de rue pour obtenir le respect de cette échéance. "Les manoeuvres dilatoires vont bon train. Si elles se poursuivent, nous pourrions redescendre dans les rues pour les contraindre à céder, pour forcer le Premier ministre sortant à s'effacer devant un autre, qui formera un gouvernement", a déclaré le député chrétien d'opposition Nassib Lahoud. La législature de quatre ans s'achève le 31 mai et la constitution prévoit que des élections doivent avoir lieu au moins un mois avant cette échéance. Si ce n'est pas possible, le parlement, actuellement dominé par les pro-syriens, est habilité à prolonger la législature de plusieurs mois pour éviter un vide politique. En outre, faute - officiellement - de fonctionnaires électoraux, le gouvernement se dit incapable d'organiser des élections dans tout le pays durant la même journée. C'est pourquoi les élections s'étalent habituellement sur plusieurs week-ends. D'autre part, en cas de formation d'un nouveau gouvernement, celui-ci devra obtenir la confiance du parlement sortant puis lui proposer pour approbation un nouveau code électoral - un processus qui peut durer plusieurs semaines. Le Liban a marqué hier le 30ème anniversaire du déclenchement de la guerre civile (1975-1990).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com