Vient de paraître/ “L’anthologie du théâtre tunisien”: L’oubli, au propre et au figuré…





“L’anthologie du théâtre tunisien”, un livre d’une grande importance qui s’ajoute à la bibliothèque théâtrale. L’idée est bonne sauf qu’elle présente quelques défaillances. Editée par l'Union des Ecrivains Tunisiens, il y a quelques jours, “L’anthologie du théâtre tunisien” est certainement un acquis pour les artistes aussi bien que pour les chercheurs. C’est dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du théâtre, le 27 mars dernier, que “L’anthologie du théâtre tunisien” a vu le jour arborant des fragments des textes de pièces accompagnés par une petite présentation de l’auteur. Le romancier et dramaturge Samir Ayadi, qui a récolté les textes et présenté les dramaturges et des bribes de leurs pièces, dévoile en 422 pages quelques moments marquants de l’histoire du 4ème Art en Tunisie. Mohamed Ahmed Bourogaâ, Noureddine Ben Mahmoud, Ameur Ettounsi, Mohamed Jaïbi, Mohamed Lahbib, Ahmed Kheïreddine, Ali Douagi, Hassen Zmerli, Khélifa Stambouli, Zine El Abidine Snoussi, Abderrazek Karabaka, Ahmed Mokhtar Louzir, Mohamed Marzouki et Mahmoud Messaâdi ont été classés en tête de liste en tant que pionniers de l’écriture dramaturgique en Tunisie. D’ailleurs, dans le texte de présentation signé par Samir Ayadi, ce dernier a tenu à préciser, en se référant aux écrits des chercheurs, que le premier texte écrit porte la signature de Mohamed Jaïbi et date de 1909. Les dramaturges contemporains figurant dans cette œuvre: Mohamed Driss, Jalila Baccar, Abdelkader Belhaj Nasser, Mongi Ben Khelifa, Amor Ben Salem, Midani Ben Salah, Sabeh Bouzouita, Lahbib Boularès, Taoufik Jebali, Hafedh Jedidi, Fadhel Jaïbi, Jamil Joudi, Hassen Hamada, Mohamed Rached Hamzaoui, Abdelhamid Kheraïef, Wahid Khadhraoui, Ali Dib, Hayet Erraïes, Ezzeddine Gannoun… “L’anthologie du théâtre tunisien” rend hommage à ces dramaturges dont on connaît les textes mais malheureusement leurs noms sont tombés dans l’oubli. Ce qui est sûr aussi c’est que ce livre a oublié de citer des figures de proue de l’écriture théâtrale. Ahmed Kedidi, Habib Chebil, Moncef Souissi, Abdelaziz Maherzi, Moncef Charfeddine, Béchir Drissi, Noureddine Kasbaoui, Manoubi Laârif, et la liste est encore longue. A qui la faute? Pourquoi Samir Ayadi n’a pas fait recours à un classement chronologique et structurel qui permet de retracer bel et bien l’histoire du théâtre tunisien? Samir Ayadi aurait pu procéder à ce grand projet en esquissant des tableaux qui mettent en exergue les efforts des différentes troupes et centres d’art dramatique et scénique. On aurait aimé avoir droit aux portraits des dramaturges ou des photos représentant quelques scènes des pièces citées. En attendant l’apparition de la version française de ce livre, qui malgré ces lacunes, reste d’une grande utilité, nous espérons que l’Union des Ecrivains Tunisiens arrive à se rattraper pour que cette histoire soit bien écrite et surtout fidèle au théâtre tunisien, toujours en mouvement. “Mieux vaut tard que jamais”. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com