Jeunes et maisons de jeunes: Les raisons d’une désaffection





Presque tous les jeunes ont fréquenté au moins une fois les maisons de jeunes et de culture. Une minorité revient, les autres quittent les lieux sans jamais y remettre les pieds. Pourquoi les jeunes boudent-ils ces espaces qui leur sont pourtant dédiés? Tunis - Le Quotidien Les maisons des jeunes et de culture sont installées un peu partout sur le territoire tunisien. La majorité d’entre-elles font un travail digne d’estime et de considération. Les activités sont aussi variées qu’abondantes... Et pourtant, bon nombre de jeunes gens affichent un certain désintérêt voire une indifférence vis-à-vis de ces espaces. Les jeunes s’expriment quant aux raisons qui les empêchent d’être assidus dans leurs visites. Maha, 18 ans, élève en 5ème année affirme marquer durant un certain temps une présence régulière dans ces sites juveniles, mais à présent, elle se rend dans d’autres endroits. Et pour cause: “Je trouve la maison de jeunes d’El Menzah VI assez intéressante. Je m’y rendais pour faire des recherches sur le Net. J’apprécie les activités sportives et le mouvement omniprésents. Sauf qu’El Menzah VI ce n’est pas la porte “à côté”. J’habite assez loin. De plus, je trouve que la gent féminine est quasi inexistante, chose qui m’a découragée à y aller seule”, dit-elle. Toutefois, Maha affirme qu’elle sautera sur la première occasion pour y revenir. Nidhal, 18 ans, élève en 5ème année est porté beaucoup plus sur les activités sportives. Il trouve ce genre de loisirs quasi inexistants dans les maisons de jeunes et de culture. “Je pratique la boxe et je suis un passionné de sport. Or ce genre d’activités sont très rares. En dehors du sport, j’aime aussi le théâtre et la musique et ces deux activités ne sont pas vraiment entières. J’ai plutôt un goût très sélectif en matière de loisirs et de hobbies. Malheureusement, je ne trouve pas mon compte. Je préfère dès lors m’abstenir”, confie-t-il. Karim, 18 ans, élève a déserté les maisons de jeunes et de culture depuis belle lurette. Tout comme Nidhal, Karim est un vrai amateur de sport et il ne trouve pas satisfaction dans ces endroits censés être des lieux d’attraction, de divertissement et de culture pour les jeunes. “Quand j’étais enfant, je me rendais à la Maison de la culture Ibn Rachiq. Il y a des années que je ne m’y rends plus. Il faut dire qu’au fur et à mesure qu’on prend de l’âge, les centres d’intérêt changent. Je n’y trouve pas ce qui me passionne. Mais ce qui me dérange le plus dans toutes les maisons de jeunes en général, c’est le manque d’entretien en matière d’hygiène”, dit-il. Idem pour Marouène, 15 ans, élève. Le jeune homme s’est rendu à la Maison de jeunes de Boumhel pour ne plus y revenir. “L’hygiène laisse à désirer. Les activités ne sont pas bien gérées et le sport n’est pas prioritaire dans cette Maison. Cela dit, ce qui existe devrait me contenter mais ces lieux ouvrent l’accès à toutes les catégories juvéniles. Et certains sont infréquentables. Je préfère donc aller ... ailleurs !”, dit-il. Saïf, 16 ans, élève, partage aussi le même avis. “Les Maisons de jeunes ont des activités un peu “vieux jeu”. Je ne trouve pas quelque chose d’exceptionnel ou d’attractif pour qu’on soit au rendez-vous. Il faudrait réviser le genre d’activités qu’on y pratique et moderniser davantage le matériel et les équipements. Il est nécessaire aussi que certaines maisons soient restaurées”, dit-il. Sofiène, 15 ans, élève juge d’efficientes certaines activités destinées aux jeunes. “D’abord, il est difficile de satisfaire un jeune. De plus les services et les activités qui nous sont, a priori, destinés sont loin de répondre à nos attentes. Nous aspirons aux nouveautés et à l’innovation, ce qui n’est pas la spécialité de ces maisons de jeunes. Généralement, ceux qui s’y rendent ne sont pas sérieux. Les endroits ne sont pas entretenus et les activités ne sont pas gérées comme il se doit”, dit-il. Le jugement est assez dur. Les jeunes affichent plutôt une insatisfaction quant aux activités offertes par les Maisons de jeunes et de culture. Abir Chemli Oueslati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com