Le cardinal Sfeir : Pour un gouvernement de transition





Paris-Agences Le cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, patriarche maronite d'Antioche, souhaite la formation au Liban d'"un gouvernement neutre de transition" qui "puisse bénéficier d'une assistance sûre dans le domaine de la sécurité". Il appelle le pouvoir pro-syrien à se montrer "conciliant" et à "suspendre les responsables des organes de sécurité de leurs fonctions". "On ne peut pas laisser s'installer le vide", estime-t-il dans un entretien au "Monde" daté de vendredi, ajoutant qu'"il y a toujours des mains qui viennent semer la zizanie dans ce pays. On n'est pas à l'abri d'une intervention extérieure qui diviserait les Libanais". Toutefois, selon lui, "nul n'est en mesure de faire la guerre actuellement". Le chef de file de la communauté maronite libanaise juge par ailleurs qu'"il faut que le scrutin (législatif prévu pour le printemps, NDLR) ait lieu" et que "les Syriens doivent se retirer, sinon totalement, au moins vers la Bekaa (est). Ensuite, s'il y a un nouveau gouvernement, il traitera avec Damas". Cependant "il est préférable qu'ils (les Syriens) se retirent une bonne fois pour toutes". Le patriarche, qui doit être prochainement reçu aux Etats-Unis par le président George W. Bush et apparaît comme un «modéré», dit en outre ne pas voir "de grandes différences" entre les accords de Taëf de 1989 et la résolution 1559 pour ce qui est du retrait syrien et du désarmement des milices. Damas pour sa part rejette la résolution 1559 et dit vouloir respecter Taëf. Quant à la suppression du confessionnalisme politique en vigueur au Liban, où le président est traditionnellement chrétien, le chef de gouvernement sunnite, et le président du parlement chiite, il n'est "pas contre, mais il faut préparer le terrain". "C'est une entreprise de longue haleine. Il faut élever des générations sur cette conception. Il faut que les gens apprennent à penser autrement", estime le cardinal Sfeir, qui déplore que "les Libanais continuent de se fixer sur leurs communautés alors qu'ils ont des problèmes en commun".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com