Vient de Paraître: “Goût de lumière”





Le Sud, le désert… et l’existence Comme une nomade moderne, Catherine Stoll-Simon, plasticienne et poète, est toujours en quête de l’expression adéquate pour accoucher de ses idées et ses émois. “Goût de lumière” est un recueil de poèmes relatant les péripéties de cette histoire qui a guidé cette poétesse jusqu'au Sud tunisien. Elle est venue se chauffer le cœur, le corps et les idées sous le beau soleil de Douz. Cette jolie bourgade située au Sud de la Tunisie. Catherine Stoll-Simon amoureuse de notre désert, de notre lumière… de ces paysages sans fard, a trouvé à Douz la source d’inspiration et ce goût dont elle a tant rêvé pour aromatiser ses poèmes. “Quand on a connu le désert, on lui reste à jamais redevable d’une épreuve bénéfique, celle qui vous enjoint d’oublier. Le silence du désert vous dépouille. Par là, vous devenez vous-même. C’est-à-dire rien; mais un rien qui écoute”, a noté Edmond Jabes et c’est ce que Catherine Stoll-Simon a d’ailleurs prouvé dans ses poèmes. Publié par la Maison de la poésie, “Goût de lumière” est un recueil de poèmes qui porte deux signatures: Catherine Stoll-Simon en tant que poétesse et Hédi Khelil qui a porté les poèmes de la langue de Voltaire à celle de Moutanabi. Partant d’un “désir fou” de goûter aux merveilles et aux délices du désert tunisien et en particulier ceux de Douz, Catherine Stoll-Simon s’est trouvée face à une grande aventure existentielle. “Les entrevues trop brèves nourrissent souvent l’espoir d’un “après”, l’espoir d’un recommencement, d’une nouvelle qui rejoue et prolonge les délices inachevés de la première fois… Et cette attente forge le désir de s’approcher plus près, transformant peu à peu le souvenir de l’effleurement en attraction irrésistible. Je revins et revins encore à Douz”, écrit-elle dans l’introduction de son recueil qui se veut un recueil de chants plus qu'un recueil de poèmes. Divisé en trois unités: “D’éclats de soleil et de vie”, “Dans le sein répété de ses aubes” et “Ivre de psalmodier le démesure de l’espace”, ce recueil est la traduction écrite des échos d'émois de Catherine Stoll-Simon, mais surtout de ses interrogations. Dans ses chants, la poétesse s’est libérée de l’écriture classique des poèmes, de différents genres de rimes pour créer son propre rythme et pour instaurer une musicalité interne qui se dégage de la répétition de certaines expressions. Deux champs lexicaux, l’un relatif à la nature et l’autre à l’homme, se rencontrent, s’entrecroisent et se délacent dans cette expérience existentielle. D’ailleurs, dans le premier chant intitulé “Paroles du silence”, Catherine Stoll-Simon nous fait un mixage de deux champs d’où elle écrit: “Ils ont l'épaisseur de l'argile comme ta bouche et la fraîcheur de l’Oued en crues ils ont le goût du sel et le chott pour voisin Soudain le souvenir de tes lèvres le sucre évanoui du jasmin” Le rien, comme notion philosophique, revient dans les divers chants de cette poétesse française: “Le rien pour ami”, “l’horizon se parfume”, “s’exposer au silence”, “exister d’indicible”, “en elles, où sont la fin et le début?”, “Le silence te précède vers l’infini” et d’autres expressions dévoilent les péripéties de ce voyage à la recherche de la compréhension du moi par rapport à l’existence. Traduit par Hédi Khelil, les poèmes de Catherine Stoll-Simon ont les couleurs du désert tunisien et voilà le traducteur qui partage avec cette poétesse son chant, comme si le duo interprétait, chacun à sa façon, les paroles dans sa langue maternelle. “Goût de lumière” croise deux sens: le goût et la vue pour souligner l’importance de ces facultés dans la définition d’un sens de l’existence. “Goût de lumière” remet en question l’existence lors d’une douce aventure à Douz considérée comme un nouveau cadre spatio-temporel pour cette poétesse de l’Hexagone. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com