L’aggravation de la situation au Moyen-Orient : Par qui et pour qui ?





Quelles que soient les interprétations que les uns et les autres font de la succession des événements au Moyen-Orient, il y a sans doute lieu de constater que cette région vit au rythme d’une accélération de l’Histoire. Qui en détient les ficelles et qui en tire profit ? Tunis-Le Quotidien Cette problématique a été au centre de la table ronde organisée par l’Université Arabe des Sciences dans le cadre de son programme culturel annuel. En prélude au débat, M. Mourad Ben Tourkia, doyen de l’Université, a dédié cette table ronde à la mémoire du défunt Slaheddine El Amri, fondateur de Dar El Anouar. * Le contexte géopolitique Toute approche objective des événements actuels au Moyen-Orient devrait, selon Dr Abdelmajid Abdallah, universitaire et spécialiste en Droit international, se référer à une définition de cet espace géopolitique. Dr Abdelmajid Abdallah constate à cet effet la confusion qui sévit actuellement au niveau de cette définition. Alors que selon l’ONU, le Moyen-Orient s’étend de la Libye jusqu’à l’Iran, les Etats-Unis adoptent actuellement selon lui, une nouvelle définition, en l’occurrence celle du Grand Moyen-Orient qui inclut entre autres le Maghreb dans cet espace géopolitique. * Violation du Droit international Dr Abdelmajid Abdallah souligne également l’atmosphère chaotique dans lequel la région a sombré depuis les événements du 11 septembre 2001 et la succession des agressions américano-israéliennes qui ont aboutit à l’occupation de l’Irak, à l’aggravation du conflit israélo-palestinien et au déclenchement de la crise politique au Liban. L’intervenant a soutenu que ces agressions ont vu le jour au mépris du Droit international et sont en porte -à-faux avec la résolution 1460 de l’ONU qui garantit le Droit des peuples à l’autodétermination. « Que peut-on alors dire de la situation actuelle de l’Irak, sinon que ce pays est soumis à une colonisation reconnu par les Etats-Unis eux-mêmes. L’occupation est également un fait accompli en Palestine où le peuple endure les supplices inhumains depuis des décennies», déplore Dr Abbdallah. «Mais le comble du paradoxe est que ces occupants exigent de la Syrie de se soumettre à la résolution 1559 qui, au yeux du Droit international, est une ingérance dans les affaires internes de deux Etats souverains : Le Liban et la Syrie», observe-t-il. * Le tournant historique Pour le Dr Abdallah Turkmani, spécialiste du Moyen-Orient, le 11 septembre 2001 demeure une date charnière dans l’évolution historique actuelle du Moyen-Orient. Les événements du 11/9 sont selon lui à l’origine de la détermination de l’Administration américaine de restructurer la région et la mise en place d’une nouvelle Organisation de coopération régionale à l’image de «la Conférence de Helsinki». Cette nouvelle Organisation devrait supplanter la Ligue arabe selon le Dr Turkmani. L’intervenant observe également que plusieurs facteurs jouent en faveur de ce plan américain dont notamment : la souscription de certain régime arabe au projet du «Grand Moyen-Orient». Il retient également la pression israélienne sur les Etats-Unis et l’obsession chronique de ces derniers de «la sécurité de l’Etat hébreu». «Même l’attitude de l’Union européenne qui s’est à un certain moment démarquée de la stratégie américaine est désormais insignifiante après la réconciliation américano-européenne de la dernière Conférence de Bruxelles», soutient-il. Le Dr Abdallah Turkmani estime en outre que le centre de gravité du projet américain du Grand Moyen-Orient devrait être la Grande Syrie, c’est-à-dire le Liban et la Syrie. Cela explique selon lui la tension actuelle dans cette zone. * Quelle alternative? Face à ce défi historique, le Dr Turkmani retient deux attitudes arabes bien distinctes dans l’appréhension des événements. La première table selon lui sur la crédibilité des promesses américaines de démocratie dans le Grand Moyen-Orient. Quant à la seconde elle prône la mobilisation des forces internes pour faire face aux dangers envahissants. Mais entre ces deux alternatives, il faudrait, selon lui et d’un point de vue pragmatique, opter pour une troisième qui évite une confrontation aveugle avec l’hyperpuissance américaine. Cette alternative devrait prendre également au sérieux la nécessité urgente d’introduire des réformes au Moyen-Orient au profit des peuples. «C’est la seule voie pour mettre fin au despotisme, au terrorisme et à la corruption, ces maux endémiques qui gangrennent la situation dans cet espace géopolitique», conclut-il. Abdelmajid HAOUACHI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com