Fawzia Hicheri : Quand la femme peint pour la femme





Ne serait-ce que par cette parfaite assimilation de l’élégance maniériste d’une femme qui peint sur une thématique de femme, Fawzia Hicheri se retrouve propulsé au devant de la scène de l’art de graver. Son exposition qui se tient au club Tahar Haddad et se poursuit jusqu’au 18 mars en dit long sur le culte énamouré qu’elle voue à sa planche qu’elle idéalise par l’analyse de la ligne. Enseignante à l’Ecole des Beaux-arts de Nabeul, Fawzia Hicheri, les connaisseurs vous le diront, est considérée comme l’artiste la mieux nantie dans la gravure. * Estampe ou gravure Dans l’exposition au club Tahar Haddad, le sillon porte l’enregistrement de l’effigie d’une femme, avec en filigrane toute la mémoire d’un patrimoine symbolisé par une iconographie stylisée reprenant poisson, mechmoum, habit traditionnel ... Vingt épreuves sur papier, œuvres originales, reproduisent presque le même dessin et jouent de ses combinaisons pour obtenir des effets de clair-obscur. La maîtrise des techniques de la taille-douce en est là exprimée dans des gravures colorées. Pour cette habituée des cieux du Cap-Bon, la planche ne peut qu’être éclairée par une dominance du bleu, la couleur de prédilection de l’artiste. A première vue, la planche vous éblouit de ses lumières qui “brillent de mille feux”. Une gravure lumineuse : ce serait le plus qu’aurait donné Fawzia Hicheri à l’art de l’estampe. Ici tout est suggestion. Tout donne à réfléchir. Il faut aussi être fin connaisseur de l’art traditionnel pour pouvoir appréhender l’ensemble des signes dont cette œuvre est porteuse. Tout cela pour ainsi dire que l’exposition de Fawzia Hicheri est là non seulement pour gâter la regard mais pour chuchoter, de par la raffinerie du trait délié, certains faits. Secret de femme. Mona Ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com