Ils seraient plus de 100.000 : Des experts réclament une enquête sur les civils tués en Irak





Des experts en santé publique réclament l'ouverture d'une enquête indépendante sur le nombre de civils tués en Irak depuis le début de l'intervention militaire américano-britannique. Le Quotidien-Agences Dans un communiqué publié sur le site internet du British Medical Journal, cette vingtaine d'experts originaires de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Australie, du Canada, d'Espagne et d'Italie accusent les gouvernements américain et britannique de minimiser le nombre de victimes civiles du conflit. "Nous pensons que le refus conjoint du Royaume Uni et des Etats-Unis de faire le moindre effort pour connaître le nombre de victimes irakiennes (...) est totalement irresponsable", déclarent ces experts. "Recenser les victimes peut contribuer à sauver des vies non seulement aujourd'hui mais aussi dans le futur", ajoutent-ils. Ils jugent en outre inacceptable la pratique suivie par les deux principaux pays engagés militairement en Irak et consistant à s'appuyer sur les statistiques du ministère irakien de la Santé. Selon eux, ces données atténuent la réalité pour plusieurs raisons, notamment parce qu'elles ne prennent pas en compte les 12 premiers mois de l'intervention militaire et qu'elles recensent uniquement les morts directement liées aux violences et non aux conséquences sanitaires de la guerre. * Blair rejette le chiffre de 100.000 morts D'après les statistiques irakiennes, 3.274 civils ont été tués du 1er juillet 2004 au 1er janvier 2005. Les autres estimations non officielles varient grandement. D'après Iraq Body Count, organisation d'universitaires et de pacifistes recoupant les informations des médias, entre 16.231 et 18.509 Irakiens sont morts depuis le début de la guerre. Une étude de chercheurs américains réalisée en Irak fait état pour sa part d'environ 100.000 morts, estimation formellement rejetée par le gouvernement britannique. Pour le professeur Klim McPherson, épidémiologiste à l'Université d'Oxford, cet appel en faveur d'une enquête indépendante sur les victimes civiles de la guerre est une réaction aux manoeuvres dilatoires du gouvernement britannique à ce sujet. Le Premier ministre, Tony Blair, refuse toute enquête indépendante et son gouvernement affirme que les statistiques du ministère irakien de la Santé sont la meilleure source d'informations dans le climat actuel d'insécurité en Irak. Pour McPherson, l'estimation de 100.000 morts semble certes élevée mais rien n'indique qu'elle soit erronée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com