Habib Bouâbana : L’absent présent





Trente-six mois après la mort du “maître” Bouâbana, un espace portant son nom est né. L’hommage fut croustillant jeudi dernier au 13 rue de Marseille, Tunis. Et un appel aux collectionneurs fut lancé. La Rue de Marseille devenue depuis peu piétonne vient d’étrenner sa première parure tout en couleurs. Une galerie à la hauteur de feu Habib Bouâbana l’a bien agrémentée au premier étage d’un restaurant de renom. Le jour inaugural de cet espace doté par son propre atelier fut aussi le vernissage d’une exposition de groupe. Il y avait tout pour plaire et tout s’est déroulé comme l’aurait souhaité l’artiste de son vivant. Il y avait les amis, la famille artistique, les curieux et surtout une ambiance festive et légèrement arrosée. Une seule personne n’était pas de la fête et a brillé par son absence, le lustre Bouâbana. Pourtant tout tournait autour de lui, de son parcours, de son œuvre. Où a-t-on trouvé tous ces tableaux? Réponse: “Quelques collectionneurs nous ont fait parvenir ces petites merveilles. Puis nous avons fait un travail de fourmis, parfois même dans des coins perdus du pays”, nous confie l’homme d’affaires Ahmed Aloulou qui soutient tout le projet. Et de lancer “un appel à tous ceux qui ont une œuvre bouâbanienne de se manifester afin de faire profiter les jeunes qui souhaitent connaître l’artiste à travers son travail”. Pour cette inauguration, l’espace a abrité une collection privée de Bouâbana mais aussi une trentaine de tableaux réalisés en un mois par une foule de peintres dans l’atelier qu’anime le gérant de la galerie et peintre Hechemi Ghachem. Ils sont: Lamine Sassi, Hamadi Ben Saâd (à lui seul les cimaises de l’atelier), Mourad Zaraï, Mahmoud Chelbi, Mohamed Ben Slama, Ahmed Zelfani, Mohamed Chelbi… L’artiste Makkaoui Ismaïl a aussi pris part à cette exposition et s’est joint au groupe avec sa propre collection. “L’idée de ce projet remonte à une date lointaine. Bien avant la mort de Habib, que j’ai connu, côtoyé près de 40 ans et vu peindre le jour et la nuit de Tunis. Il était là et pas là, accessible et inaccessible à la fois. Il avait certes son petit caractère et n’était pas l’oiseau à mettre en cage. C’était d’ailleurs son seul et grand avantage. Car il osait faire tout ce que sa tête lui dictait”, ajoute en guise de conclusion l’homme d'affaires mécène. Il avait les yeux embués de larmes. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com