Les jeunes et le sens de la débrouillardise : A chacun ses astuces, argent pour tous





Certains sont vraiment habiles. A la maison ou ailleurs, ils ne se bloquent jamais. Ils savent comment éviter l’état de panique et s’en sortent facilement même avec les moyens de bord. D’autres sont par contre malhabiles et parfois même gauches. A quel rang appartiennent les jeunes ? Tunis - Le Quotidien On considère généralement que ce qui bloque les jeunes, c’est le manque d’argent. Quand ils sont à court d’argent, ils savent se tirer d’affaire. Rami, 19 ans, élève, procède par roublardise. Sa devise est l’éloquence. “Beau parleur”, Rami arrive à convaincre pour que ses poches ne soient pas chiches avec lui. “S.O.S maman ! Quand je manque d’argent, je chouchoute ma mère et elle “fond” face à mes mots soyeux. S’il s’avère qu’elle n’ a pas d’argent, j’en fais de même avec les copains et cela marche à tous les coups!”, dit-il. Ahmed, élève de 18 ans, se débrouille autrement. Le jeune homme ne supporte pas rester sans le sou... Il use de la ruse pour se tirer d’affaire. “Pour ne jamais tomber en panne, il faut se débrouiller. En fait, je propose à des amis de jouer une partie de cartes où tout le monde met une petite somme pour que le jeu soit plus intéressant. Le gagnant prend la moitié et les autres se partagent l’autre moitié. Quand je perds, je jette mon dévolu sur ma mère: un mot gentil par-ci et un bisou par-là et je prends ce que je veux”, dit-il. Idem pour Achref. C’est sa mère qui lui donne de l’argent quand cela va mal. Mais le jeune lycéen de 17 ans a une autre astuce: le mensonge. “Je prétends suivre des cours particuliers et je garantis une somme mensuelle”, dit-il. Farida, 18 ans, se fait toute petite quand elle n’a plus d’argent. “Je garde la maison et je deviens la petite fille modèle qui fait les courses, fait le ménage... Et cela marche”, dit-elle. Alia, 18 ans, est très débrouillarde. La jeune fille sait faire tellement de choses. Ses multiples dons lui garantissent des solutions de rechange. “Je suis un cordon bleu. Je suis professionnelle en matière de beauté et un génie informatique. Quand ma mère s’absente, je gère tout à la maison et je m’en sors plutôt bien. Cela me génère de l’argent en plus. Toutefois, quand je suis à court d’argent, je travaille comme... maquilleuse ou comme informaticienne”, dit-elle. Walid, 21 ans, est un petit génie. Le jeune homme ne reste jamais les bras croisés. “C’est moi quoi peins la maison, il m’arrive aussi de préparer toutes les pannes: électricité, plomberie... Rien ne me freine, je suis un vrai bricoleur. Quand tout va bien, je commence à changer le décor ou à faire du jardinage. Cette nature débrouillarde m’a été bénéfique. D’ailleurs, pendant les vacances, je fais tout genre de petits boulots et je ne reste jamais à court d’argent”, dit-il. Skander, 16 ans, fait un genre particulier de commerce. Le jeune homme organise des sorties spéciales. Il réunit l’argent des participants et garantit pour lui quelques revenus. “Il ne faut pas rester cloué sur un siège. Il faut toujours secouer les méninges. J’organise des sorties et je prépare aussi des accessoires pour aller au stade. Cela me permet de gagner environ 50 à 60 dinars”, dit-il. La plupart des jeunes sont quelque part débrouillards. Mais rien n’est gratuit. S’ils réfléchissent, c’est pour avoir un peu d’argent en plus. Toutefois, ceux qui savent vraiment se tirer d’affaire ne sont pas nombreux. Et pourtant, cela facilite tellement notre manière de vivre... Abir Chemli OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com