Saveurs du Sud : Un petit bout de Sicile à Tunis





La Sicile s’expose à Tunis. Et à sa manière. Il y a de la musique, de la céramique, de la gastronomie, du cinéma et un grand débat. A l’horizon : un projet d’édition d’un festival florentin et un éventuel jumelage de Carthage la Tunisienne à Agrigento l’italienne. Mila Lauretta est comme son nom l’indique, une Italienne. Elle réside dans notre pays depuis 7 ans. Si la Tunisie lui a plu, c’est parce qu’elle lui a trouvé beaucoup d’affinités, de points communs et des traditions semblables à celles de l’Italie et notamment la Sicile. C’est pour jeter une sorte de pont entre la Tunisie et l’Italie qu’elle a créé un Rendez-vous avec la Sicile, une manifestation culturelle, artistique, gastronomique, qui s’est tenue du 8 au 13 mars à Dar Bach Hamba dans la médina de Tunis, siège de la Fondation Orestiadi, coorganisatrice de la manifestation avec l’association culturelle italienne Mediservices et sous le patronage de l’ambassade d’Italie et du ministère régional des Biens culturels de la Sicile. Cette première édition d’une manifestation qui devrait être organisée annuellement est intitulée «Saveurs du Sud». Elle a été marquée par une exposition de céramique artistique de Caltagirone, un atelier de dessin spécifique à l’art de la céramique, dirigé par une spécialiste italienne Maria Tasca, un concert du groupe sicilien Sbanni Canturi, spécialiste dans le chant traditionnel de cette région, une projection du célèbre film «Gattopardo» (Le Guépard) avec Claudia Cardinale (native de Tunisie) et Alain Delon, inspiré du roman du Sicilien Giuseppe Tomasi di Lampedusa et plusieurs rendez-vous gastronomiques consacrés à la cuisine traditionnelle sicilienne animés par des chefs célèbres comme Domenico Privitera, notre Rafik Tlatli national et Pino Correnti, historien gastronome qui a parlé des traditions alimentaires en Sicile et en Tunisie : des influences et des interactions. Il a aussi parlé de la grande cuisine sicilienne telle qu’elle est présentée dans le film cité ci-dessus, de Luchino Visconti. * Un léger pouvoir de l’art islamique Le clou de cette manifestation a été l’exposition de céramique qui a regroupé une quarantaine de pièces typiques de la céramique de Caltagirone, la fameuse cité vouée à cet art en Sicile orientale. Caltagirone, on le sait, pratique la céramique depuis mille ans. Ses générations successives de céramistes se sont beaucoup inspirées de la céramique arabe où ils ont puisé les techniques du travail tout en finesse, les motifs ornementaux, floraux et géométriques, très complexes, tout en lacis et entrelacs sans parler des couleurs qui rappellent la céramique de chez-nous. Les œuvres de Maria Tasca ont d’autres caractéristiques. Elle sont faites entre autres d’un matériau récupéré de la lave du volcan de l’Etna. Ce qui donne aux objectifs une consistance toute minérale et donne aux couleurs un grand éclat. * Un partenariat solide et un jumelage en vue «J’ai choisi la Tunisie pour vivre, et c’est un choix heureux. C’est en fait ma seconde patrie. C’est pour cela que, dans mon petit coin, j’essaie de renforcer les liens d’amitié qui ont toujours existé et d’établir des ponts continus entre la Tunisie et l’Italie. Mais avec une spéciale attention à la Sicile, ma ville natale. C’est dans ce cadre que nous sommes en train de travailler sur un projet de jumelage entre Carthage et la ville d’Agrigento. Le jumelage avec Carthage n’est pas facile. Il faut que l’autre ville ait une histoire aussi prestigieuse et des parcs archéologique aussi considérables. Agrigento n’en manque pas. A cet effet, une délégation de la mairie de cette ville est venue visiter Tunis, il y a une semaine, afin d’entamer la procédure assez lente du jumelage», nous confie la tunisienne de cœur et d’esprit Mila Lauretta. Qui a un autre projet en tête. «J’attends l’accord du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine sur une édition tunisienne du fameux festival international du film ethno-musical de Florence à sa 23ème édition (mai 2005). Son homologue existe à New-York et Tunis sera la première capitale africaine à abriter ce festival», ajoute Mila Lauretta, responsable de l’association Mediservices,dont les actions du partenariat s’inscrivent dans le cadre institutionnel soit en Tunisie, soit en Italie. Mila Lauretta espère aussi inviter davantage en Italie des musiciens tunisiens du terroir. Son objectif : récupérer les traditions méditerranéennes et sauver les mélanges. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com