Tunis: A la recherche d’emploi, elles sont victimes d’un proxénète





Les agents de police relevant des brigades des mœurs enquêtent actuellement sur une affaire dont le suspect est un jeune homme qui se fait passer pour un représentant d’une firme internationale désirant recruter des jeunes filles en tant qu’assistantes de direction. En réalité, le bonhomme est un proxénète connu par les services de police... Tunis - Le Quotidien Une rue peu fréquentée située en plein centre ville, un vieil immeuble dont l’entrée est plongée dans un noir qui fait peur, donnant l’impression qu’on a oublié étrangement de remplacer les ampoules grillées. Pourtant, la jeune fille a décidé, quand même, de remonter jusqu’au troisième étage où elle devait s’entretenir avec le représentant d’une firme internationale qui désire recruter des assistantes de direction. Lorsqu’elle a frappé à la porte, c’est un homme en costume-cravate qui l’a reçue, tout en lui demandant de prendre place dans une salle d’attente constituée en tout et pour tout de six sièges et d’une table comme celles qu’on vend à la rue de Malte. Il faut dire que la jeune fille était si déterminée à aller jusqu’au bout qu’elle a rapidement chassé ces mauvaises idées, d’autant que finalement, le monsieur qui lui a ouvert la porte tout à l'heure, s’est manifesté de nouveau en lui demandant de venir dans un autre bureau. L’heure de la vérité a sonné, apparemment, et notre jeune candidate pouvait finalement avoir des réponses aux questions qui lui obnubilaient l’esprit. D’emblée, son interlocuteur a donné le ton, lui annonçant qu’au cas où elle serait retenue, elle toucherait six cent vingt dinars par mois. Néanmoins, elle devait subir, lui a-t-il précisé, un cycle de formation étalé sur deux semaines qui va lui permettre de se familiariser avec les produits commercialisés par le groupe lequel a son siège en Suisse et sa succursale régionale à la Soukra, à Tunis. Et pour la rassurer définitivement, il lui a précisé que pour des besoins professionnels, les responsables de la société ont choisi de recevoir les candidates dans un bureau au centre-ville afin d’éviter des déplacements inutiles à la Soukra. Des explications qui n’étaient pas convaincantes mais que faire lorsqu’on est à la recherche d’un emploi et qu’on a tant souffert du chômage. Ce premier entretien s’est bien déroulé, la jeune candidate s’est vu fixer un deuxième rendez-vous pour entamer le cycle de formation avec d’autres filles. Le jour convenu, elle s’est présentée dans le même bureau. Seulement, cette fois-ci, elle était en compagnie de six autres filles qui, pendant deux heures, ont reçu un premier cours centré essentiellement sur les techniques de communication. De temps en temps, le formateur mettait l’accent dans ses interventions sur la présentation et l’importance d’avoir une bonne apparence physique. Du coup, notre première candidate a commencé à avoir des doutes . Elle était, à vrai dire, la seule qui répondait au profil décrit par le formateur. Apparemment, c’est pour cette raison qu’il lui a demandé de la voir seule. C’était également une raison pour qu’elle informe ses parents. En honnête citoyen, son père a décidé d’informer les autorités d’autant que sa propre fille n’était pas à l’abri d’une mauvaise aventure. Prenant au sérieux cette information, les agents de police ont vérifié l’identité de notre recruteur. Coup de théâtre, ils ont découvert qu’il était impliqué dans des affaires de proxénétisme. D’ailleurs, il fait l’objet d’une enquête dont les investigations ont conduit les auxiliaires de la justice à identifier quelque trente six filles qui ont été placées dans des hôtels situés à Hammamet, à Sousse et à Jerba pour, soit disant, passer des stages relatifs à leur futur emploi. Conjointement, les enquêteurs ont mené des recherches sur le réseau Internet afin de savoir davantage sur la nature de la firme internationale dont le suspect prétend appartenir. Ils ont ainsi découvert qu’ils’agit d’une agence de voyage spécialisée qui opère particulièrement en Europe de l’Est. Et lorsqu’on sait ce qui se passe là-bas, surtout ce qui a trait au commerce des charmes, on est presque sûr des intentions du suspect. L’enquête touche actuellement à sa fin, surtout que les auxiliaires de la justice ont réuni des preuves susceptibles d’envoyer ce “recruteur” derrière les barreaux, et pour plusieurs années. H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com