Raouf Ben Yaghlène : Au nom du non-dit !





De la fantaisie créatrice, il en a vraiment, ce Raouf Ben Yaghlène qui à force d’inspiration vive et de verve franche et incisive se triture” les méninges et amuse par le verbiage. Il trouve surtout son compte entre le dit et le non-dit. “Dire ou ne pas dire”, la dernière pièce de Raouf Ben Yaghlène présentée au Théâtre municipal garde toute son actualité, même si le thème paraît à première vue rébarbatif et assommant. Des pièces au vitriol de la société: on a déjà vu au point qu’on a l’impression qu’à chaque fois c’est toujours la même litanie. Mais avec Raouf Ben Yaghlène même s’il s’agit de la même pièce, l’artiste a toujours de côté de quoi surprendre. Il faut avoir de la veine en fait, pour assortir, au rire d’une femme dans la salle, une farce qui intègre sans problèmes le texte de la pièce. La nouveauté est dans cet effet de rebond et ces coups de théâtre qui rendent le changement fluide d’un tableau à un autre et donc d’une situation à une autre. L’artiste dans ce one man show décapant nous balance en pleine figure des réalités qu’on a tant essayé de taire. Ils se pourraient qu’elles aient un liant avec la “tendre” enfance. * A bas les masques Raouf Ben Yaghlène se met dans la peau d’un médecin, d’un journaliste et d’un agent municipal... Au gré de ses pérégrinations il tente de ramasser les bribes éparses d’une personnalité qui éclate. L’effet miroir de la pièce a fait que quasiment pendant deux heures, le public est en transe avec lui-même. Il se regarde au fond d’un miroir, et se voir dans la peau d’un personnage malade de ses idées, de l’épouvante qui pèse sur son esprit. Ce personnage peut être moi ou l’autre ou encore l’artiste lui-même qui vomit tant de choses vraies que personne n’a pu exprimer avec tant de lucidité. Raouf Ben Yaghlène qui tente de guérir par le rire, de soigner les maux par les mots, se gausse, par ailleurs, ce tout ceux qui n’ont que le moyen de la moquerie pour construire leurs pièces. Il n’a pas besoin, en fait, d’imiter le dialecte de l’une des régions du pays, comme on le voit souvent, pour écrire un texte. Son scénario s’écrit à travers une construction scénique basée sur le mouvement (même s’il s’agit d’un one man show), mais aussi sur la finesse d’un texte et d’une fantaisie créatrice. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com