Poésie: L’actualité de Tahar Bekri





Tahar Bekri, un monument de la poésie, avec d’autres fabricants d’images visionnaires, qui ont choisi vivre dans l’Hexagone, se sont donné rendez-vous à Paris pour célébrer à leur façon la Journée mondiale de la poésie. Tout en vers, émotions, et… hommages… Ecrivain tunisien né à Gabès en 1951 et résidant en France depuis 1976, où il enseigne à l’Université de Paris X- Nanterre, Tahar Bekri est un poète prolifique, écrivant aussi bien en français qu’en arabe. Son œuvre, marquée par les thèmes récurrents de l’exil et de l’errance, est enracinée dans la mémoire tunisienne et plus généralement, arabo-musulmane, dont elle tire sa sève. Cette œuvre, qui est une constante traversée du temps, des espaces et des langues, se situe à la croisée de la tradition et de la modernité, du je et de l’autre, du passé et de l’avenir. Elle constitue aussi un appel vibrant au dialogue entre les hommes et les cultures. Souvent saluée par la critique internationale comme l’une des plus importantes du Maghreb, elle a fait l’objet de nombreux travaux universitaires en France, en Italie, au Canada et dans les pays de l’Afrique du Nord. Les quatre derniers ouvrages du poète sont : «La brûlante rumeur de la mer» (Ed. Al Manar, Paris 2004), «Les songes impatients» (Ed. Aspect, Nancy 2004), «L’horizon incendié» (Ed. Al Manar, Paris 2002) et «Marcher sur l’oubli» (Ed. L’Harmattan, 2000). Sa bibliographie, forte de 308 pages, a été réalisée sous la direction du Marocain Najib Redouane et éditée par l’Harmattan en 2003. A l’occasion de la Journée mondiale de la Poésie, qui sera célébrée le 21 mars Tahar Bekri participera à une lecture-spéciale intitulée «L’ailleurs est ici», mise en espace de Vivian Lofiego, au Théâtre 13, sis au Boulevard Auguste Blanqui, Paris XIIIème, aux côtés des poètes Aïcha Arnaout, Nicole Brossard, Jacques Lacarrière, Grecia Càceres, Seyhmus Dagtekin, Dimitris Kraniotis, Vivian Lofiego, Vénus Khoury-Ghata, Issa Makhlouf, Jean Melellus, Luis Mizon, Myriam Montoya, Nimrod, Jean Portante, Tjesper Svenbro et Salah Stétié, avec la musique du bandéoniste César Stroscio. Le lendemain, 22 mars, il prendra part à l’hommage qui sera rendu, à l’Institut du Monde Arabe, Paris Vème, au grand poète syrien Mamdouh Adwan, disparu le 19 décembre 2004. L’hommage mis en espace par Mohamed Saïf, sera marqué par la lecture d’un choix de poèmes du poète disparu par un groupe de poètes arabes résidant en France : Tahar Bekri et Mana Ben Abdeladhim (Tunisie), Etel Adnan, Issam Makhlouf, Salah Stétié, Bassam Mansour (Liban), Bachir Al Baker, Salwa Al Neimi (Syrie), Kadhim Jihad (Irak) et Abdelilah Salhi (Maroc). Les lectures seront accompagnées au luth par la Tunisienne Zohra Madani. Zohra ABID _____________________ La mer patrie Dans son dernier recueil de poèmes, «La brûlante rumeur de la mer» (Ed. Al Manar, Paris 2004, 84 pages) Tahar Bekri promène son regard de poète et de visionnaire à travers des paysages chargés de beauté, d’histoire et d’émotion. De Sousse, «baignée au loin par la vague inquiète» à Sidi Bou Saïd, «qui trône dans l’euphorie des mimosas», en passant par Lisbonne, au Portugal, «tombeau de Pessoa», à Burgos, en Espagne, qui «attend le printemps», par Cesenatico, en Italie, entrevue dans «Le matin évanescent), Kavala, en Grèce, où «Les barques reviennent toujours», Doëlan, en Bretagne, «entre averses et éclaircies», Gabès, «La palmeraie de l’enfance», jamais vraiment quittée, mais toujours retrouvée comme une promesse de soleil…, Tahar Bekri déroule l’espace méditerranéen, intense et lumineux, comme un chant à la gloire des hommes qui l’ont marqué de leurs traces indélébiles. Ici le poète se fait peintre, à l’affût des formes et des couleurs. Il se fait aussi philosophe, interrogeant la mémoire des hommes. Mais aussi historien de l’instant fugace. Et les poèmes deviennent des sortes de haïkus, ces courts poèmes japonais qui se détachent comme des ailes de papillon et se mettent à voler. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com