Explosion à Beyrouth, Lahoud perplexe : Le Liban au bord du gouffre





Onze personnes ont été blessées hier dans une explosion près de Beyrouth, faisant craindre une reprise des violences au moment où le pays s'enfonce dans une crise politique aiguë qui a poussé le président pro-syrien Emile Lahoud à renoncer à participer au Sommet arabe d'Alger. Le Quotidien-Agences Onze personnes, toutes chrétiennes, ont été légèrement blessées par l'explosion d'une charge placée sous une voiture, dans la banlieue nord chrétienne de Beyrouth. D'importants dégâts matériels ont eu lieu dans ce quartier résidentiel et commerçant appelé New Jdeidé, parallèle à l'autoroute du nord qui longe le littoral. Quelques heures après l'attentat, Lahoud a eu un entretien téléphonique avec le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, pour l'informer qu'il ne pourra pas assister au sommet en raison de la situation qui prévaut au Liban. Les habitants du quartier, encore sous le choc de l'attentat, ont reçu la visite de la députée Bahia Hariri, soeur de l'ex-Premier ministre assassiné Rafic Hariri venue leur redonner courage. "N'ayez pas peur, ils (les auteurs) n'arriveront pas à nous terroriser. Ils font tout ça pour cacher la vérité (sur les autres attentats qui ont visé Rafic Hariri et le député d'opposition Marwan Hamadé), mais nous les dévoilerons, le monde entier va les dévoiler, et tout ce sang ne sera pas versé en vain", a-t-elle déclaré sous les applaudissements de la foule. En fin de matinée, plusieurs dizaines de jeunes sont arrivés et ont planté un drapeau libanais en face du lieu de l'explosion. "Ils (les Syriens) veulent nous terroriser et montrer que le chaos s'installe après leur départ", a affirmé l'un d'eux à la presse. Vendredi, l'armée syrienne a achevé la première phase de son repli, entamé le 8 mars, vers l'est du Liban et a retiré en temps record quelque 8.000 hommes de Beyrouth, la montagne qui la domine et le nord du pays. Entre 4.000 et 5.000 soldats ont totalement évacué le Liban, quelque 10.000 se trouvant désormais repliés dans la plaine de la Békaa (est), proche de la frontière avec la Syrie. Réagissant à l'attentat, Lahoud a appelé l'opposition et le camp pro-syrien au dialogue "pour sauvegarder le Liban", mais l'opposition s'est contentée d'accroitre ses attaques verbales. Un député Pharès Soueid a indiqué que l'opposition envisageait de recourir à une grève générale pour faire tomber le pouvoir pro-syrien. Joumblatt a par ailleurs affirmé tenir des informations selon lesquelles le pouvoir libanais pro-syrien "va être montré du doigt" par la commission d'enquête de l'Onu "pour avoir camouflé des indices" qui auraient pu servir dans l'enquête sur l'asssassinat de Hariri le 14 février. "Ils (les membres de la commission d'enquête) vont dire qu'ils sont venus au Liban pour enquêter et qu'ils ont découvert que les autorités libanaises ont caché des indices. Le pouvoir libanais va être montré du doigt", a-t-il ajouté. Les conclusions de la commission d'enquête des Nations unies seront remises la semaine prochaine au secrétaire général de l'Onu Kofi Annan. L'équipe de l'Onu, dirigée par l'Irlandais Peter Fitzgerald, s'était rendue à Beyrouth pour participer à l'enquête et permettre à Annan de présenter fin mars son rapport sur cette affaire au Conseil de sécurité. Annan avait décidé d'envoyer cette mission à la demande du Conseil de sécurité qui l'avait chargé de lui présenter un "rapport urgent sur les circonstances, les causes et les conséquences du meurtre" de Rafic Hariri. L'opposition libanaise accuse le régime libanais et la Syrie d'être responsables de cet assassinat.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com