Rice à Séoul sur fond de manœuvres militaires : Pyongyang dans l’œil du cyclone





La secrétaire d'Etat américaine est arrivée hier à Séoul pour des discussions sur les ambitions nucléaires de la Corée du Nord alors qu'ont débuté des manœuvres américano-sud-coréennes qui ont déjà provoqué une vive réaction de Pyongyang. Le Quotidien-Agences Condoleezza Rice effectue en Corée du Sud l'avant dernière étape d'une tournée dans six pays d'Asie. Elle venait du Japon où elle a appelé la Corée du Nord à reprendre immédiatement des négociations visant au démantèlement de son programme nucléaire. Le sujet doit dominer ses entretiens prévus aujourd’hui avec les dirigeants sud-coréens puis figurer en bonne place de ses discussions à Pékin où elle concluera sa première tournée dans la région en tant que secrétaire d'Etat. Mais Pyongyang n'entend pas reprendre rapidement les négociations dont la dernière session remonte à juin de l'an dernier. Le régime stalinien a déjà déclaré que les manoeuvres, un exercice annuel qui doit durer une semaine, étaient destinées à préparer une attaque de la Corée du Nord et justifiaient le "renforcement de son arsenal nucléaire". Il a exclu de nouvelles négociations sur le nucléaire, exigeant de Rice des excuses pour avoir qualifié la Corée du Nord de "poste avancé de la tyrannie". Une revendication à laquelle la responsable américaine a opposé une fin de non recevoir. Aujourd’hui, Rice devait s'entretenir en Corée du Sud avec le président Roh Moo-Hyun, le ministre de l'Unification Chung Dong-Young, chargé des relations intercoréennes, et son homologue des Affaires étrangères Ban Ki-Moon. Hier, elle rencontrait notamment des soldats du contingent américain déployé en Corée du Sud. Les manoeuvres regroupent 17.000 soldats américains et un nombre non précisé de soldats sud-coréens, a dit un porte-parole militaire américain. Le porte-avions américain Kitty Hawk et son groupe de bataille participent notamment à l'exercice. "Le niveau de participation américaine en hommes et équipements est similaire à celui des années précédentes", a dit le commandement américain à Séoul. Les Etats-Unis assurent qu'il s'agit de manœuvres "défensives" destinées à protéger la Corée du Sud d'une agression extérieure. * Dialogue de sourd Mais un porte-parole nord-coréen des Affaires étrangères a déclaré cette semaine qu'il s'agissait "d'exercices de guerre nucléaire visant à une invasion du Nord". Il a ajouté que la Corée du Nord prendrait "des contre-mesures nécessaires, dont le renforcement de son arsenal nucléaire" à des fins de dissuasion. La secrétaire d'Etat américaine a de nouveau appelé hier Pyongyang à reprendre les négociations multipartites sur le nucléaire. "La Corée du Nord doit revenir à la table des pourparlers à six immédiatement, si elle est sérieuse quant à l'exploration de la voie à suivre que nous et d'autres parties avons proposée", a déclaré Rice à l'Université de Sofia à Tokyo. Pyongyang a affirmé le mois dernier s'être doté de la bombe atomique et refuse toute nouvelle négociation tant que Washington n'a pas abandonné sa politique "hostile", accusée de chercher à provoquer un changement de régime au Nord. Un analyste a aussi douté d’un déblocage du dossier à brève échéance. «La politique de l'Administration envers la Corée du Nord est fondée sur l’idée qu’elle céderait à une pression internationale coordonnée et abandonnerait ses programmes nucléaires», a dit Paik Hak-Soon, analyste à l’Institut Sejong. «Mais cela s’est pour l’instant avéré faux et la Corée du Nord a pris l’option inverse», a-t-il ajouté. Il a estimé que Pyongyang aurait du mal à revenir au dialogue sans assurance que Washington ne cherchait pas un changement de régime et ne voulait que stopper la prolifération nucléaire.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com