Abbas à Gaza : Consolider une trêve fragile





Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est arrivé hier à Gaza pour des discussions avec les mouvements de Résistance destinées à sauver le cessez-le-feu. Le Quotidien-Agences Abbas a dû notamment s'entretenir avec des représentants du Hamas et du Jihad islamique pour tenter de les convaincre de respecter "l'accalmie" convenue fin janvier. Le Hamas avait revendiqué jeudi les attaques au mortier contre des cibles israéliennes dans la bande de Gaza, moins de 48 heures après le sommet de Charm al-Cheikh (Egypte) lors duquel Abbas et le Premier ministre israélien Ariel Sharon avaient proclamé la fin de plus de quatre ans de violences. "Le président Abbas va rester quelques jours à Gaza pour rencontrer les différentes factions, dont le Hamas et le Jihad islamique, et tenter de consolider l'accalmie", a déclaré un responsable de son entourage parlant sous le couvert de l'anonymat. Après un arrangement conclu avec Abbas, les groupes armés, dont le Hamas et le Jihad islamique, se sont engagés fin janvier à respecter une "période d'accalmie", autrement dit à cesser les attaques anti-israéliennes. Mais plus de trente obus de mortier se sont abattus mercredi soir et jeudi matin sur des colonies juives, après que l’armée eut tué un militant du Hamas. A la suite de ces tirs, Abbas a donné des "instructions fermes" aux services de sécurité pour qu'ils fassent cesser les attaques contre des cibles israéliennes dans la Bande de Gaza et limogé plusieurs hauts responsables de la sécurité. Parmi les responsables limogés figurent le chef de la Sûreté nationale, le général Abdelrazzak Al-Majaïda, le chef de la police, le général Saëb Al-Ajez et le chef de la Sûreté nationale dans le sud de la bande de Gaza, le général Omar Achour. "D'autres changements dans les services de sécurité vont être annoncés", a affirmé le responsable palestinien. Le Hamas, pour sa part, affirme vouloir respecter l'"accalmie" tout en se réservant le droit de riposter à toute "agression israélienne". Son porte-parole, Sami Abou Zouhri, a ainsi déclaré hier que les tirs d'obus de mortier étaient une riposte à la mort d'un Palestinien grièvement blessé la veille par des tirs de l'armée israélienne dans le sud de la bande de Gaza. "Les tirs d'obus de mortier et de roquettes étaient la riposte de l'aile militaire du Hamas aux agressions israéliennes", a-t-il dit. "Notre position consiste à préserver l'accalmie jusqu'à l'annonce d’une décision définitive en ce qui concerne une éventuelle trêve et cela n'aura pas lieu avant notre rencontre avec Abou Mazen (surnom de M. Abbas)", a-t-il toutefois ajouté. "Nous voulons qu'il nous informe de ce qui s'est passé au sommet de Charm el-Cheikh et réponde à nos interrogations", a-t-il ajouté. Khader Habib, un responsable du Jihad islamique, a également affirmé que le mouvement arrêtera sa position concernant une éventuelle trêve après la rencontre avec Abbas. "Cela nécessite des consultations au sein du mouvement à l'intérieur et à l'étranger", a-t-il dit. "Nous sommes pour le respect de l'accalmie qui a été convenue mais nous avons le droit de riposter à toute violation israélienne", a-t-il ajouté. Par ailleurs, quatre colons juifs ont été arrêtés hier par l'armée israélienne dans le sud de la Bande de Gaza en manifestant contre l'absence d'une riposte israélienne aux tirs de mortier palestiniens de la veille, selon la radio israélienne.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com