Meubles contemporains : Femmes artistes en bleu de chauffe





Avant-hier soir, le tout Tunis a investi l’espace Emporio de la Charguia. Et pour cause: l’événement est inédit en Tunisie. Des nouveautés singulières dans les meubles d’intérieur qui étonnent et séduisent à la fois le visiteur… Art et design et un lot de consolation… Pour fêter son cinquième anniversaire, Emporio-édition de meubles contemporains, s’est associé à la galerie Ammar Farhat, qui fête, elle, son quinzième anniversaire pour concevoir une manifestation qui allie art et industrie, artistes et designers. Cinq artistes femmes parmi les plus créatives de leur génération: Feryal Lakhdhar, Meryem Bouderbala, Aïcha Filali, Insaf Saâda et Rym Karoui ont accepté de prendre part au jeu. Elles ont investi l’usine d’Emporio, pris connaissance des possibilités qu’offrent les machines et matériaux industriels, travaillé avec les maîtres des meubles pour créer une autre gamme de meubles et d’accessoires sortis de leur imagination. Ce fut aussi une occasion pour elles de revisiter certains grands classiques de l'histoire des meubles tels que la chaise longue de Le Corbusier, le buffet de MacIntosh ou encore la chaise de Jacobsen. En confrontant leur propre imaginaire aux contraintes de la production industrielle et aux possibilités qu’offrent la scie électrique, le tour et le rabot ainsi que les matériaux comme le bois, le cuir, le verre, le plexi dans le tissu, le métal…, les artistes se sont muées en designers et ont laissé libre cours à leur imagination créative. Une autre plasticienne, Mamia Taktak, s’est associée à l’entreprise en mettant en scène les objets ainsi créés de manière à les exposer au public. L’exposition intitulée “Z.I.Expo 2005” (Z.I comme zone industrielle) a été ouverte à l’espace Emporio, jeudi 10 février en présence d’un grand nombre d’artistes, d’industriels et de représentants du corps diplomatique accrédité à Tunis, et se poursuivra jusqu’au 13 février. Le design, on le sait, n’est pas né d’hier. La rencontre entre l’art et l’industrie remonte à au moins un siècle. Mais dans notre pays, cette association entre artistes et industriels est tout à fait inédite. “C’est pour la première fois en Tunisie que des industriels de meubles font appel à des artistes pour intervenir, créer et travailler sur les meubles. L’éditeur des meubles Emporio a ouvert ses usines il y a un mois pour les artistes”, explique Meryem Bouderbala. L’expérience d’Emporio ne manquera pas de faire des émules et les frontières entre les designers et les artistes vont continuer petit à petit à s’effacer au bénéfice des uns et des autres et surtout des amateurs de beaux objets. Il faut dire aussi que le développement industriel que connaît notre pays ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives de collaboration entre les artistes et les industriels. Les débuts sont toujours difficiles, mais passionnants. Les Bouderbala, Lakhdhar, Filali, Saâda et Karoui, qui disent avoir beaucoup appris de cette expérience, ne se feront pas prier pour la poursuivre et entraîner certains de leurs collègues dans le sillage. Zohra ABID _________________ Flashes * Arc-en-ciel Il n’y a pas seulement les cinq femmes artistes, sus-nommées qui ont mis un brin de leur fantaisie, leur finesse et leur charme dans la nouvelle édition Emporio. Il y a aussi les autres, les fidèles de la galerie Ammar Farhat. Les Gorgi, Karoui, Mohsni, Sahli, Chleïfa, Ben Zakour, Ben Slimane, Bennys, Ben Saâd et autres Bellagha qui ont accroché leurs tableaux, placé leurs bibelots et sculptures et incrusté leur savoir ainsi que leur imaginaire dans le secret d'un espace chaleureux et raffiné tout en bougies et lumières. * Forme, fonction et ornement Les meubles et objets exposés sont fortement marqués de trouvailles. Ils sont loin d’être alourdis par des formes massives où décorations surchargées. Ce sont des éléments fonctionnels. Ils sont encastrables et agençables. Ces produits qui allient avec bonheur matériaux, couleurs et recherches sont très pratiques surtout pour gagner de l’espace sans tomber dans la production en séries et de mauvais goût. Car ceci à la longue ne se vend plus. Et comme le dit Raymond Loewy: “La laideur se vend mal”. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com