Les réactions après l’annonce des résultats des élections : La Communauté internationale entre prudence, inquiétude et scepticisme





La communauté internationale, la communauté arabe incluse, a salué lundi un nouveau pas vers la démocratie en Irak , tout en plaidant pour une représentation de tous les groupes dans les nouvelles institutions, après la victoire des chiites. Le Quotidien-Agences Hormis Ankara, qui a réagi avec réserve, la plupart des capitales européennes ont accueilli avec satisfaction la proclamation des résultats de ces premières élections. A Bruxelles, la Commission européenne a salué "un nouveau pas en avant dans la transition politique" et a appelé les vainqueurs chiites à gouverner le pays "au nom de tout le peuple irakien". «Ce qu’il faut voir maintenant, c’est comment les chiites, les Kurdes et les Sunnites peuvent parvenir à des accords pour la poursuite de la rédaction de la constitution et ensuite pour la formation du gouvernement», a indiqué pour sa part, Javier Solana. * Bush prudent La première réaction du président américain George W. Bush a été prudente dimanche. Dans un communiqué, il a salué la proclamation des résultats mais indiqué qu'il fallait attendre leur certification. "Je félicite chaque candidat qui s'est présenté et ceux qui prendront leurs fonctions une fois les résultats certifiés", a déclaré Bush, dont le pays dirige la coalition qui a renversé l'ancien président Saddam Husseïn en mars 2003. Il n'a toutefois pas fait de commentaire sur la victoire de la liste chiite parrainée par le grand ayatollah Ali Sistani. Principal allié des Etats-Unis, la Grande-Bretagne a félicité, par la voix du secrétaire au Foreign Office Jack Straw, "tous les élus" du scrutin, "nouveau pas important vers un avenir sûr et démocratique". "Il est crucial pour l'avenir de l'Irak que toute la diversité de la société irakienne soit représentée dans les processus politique et constitutionnel", a poursuivi Straw, en référence à la faible représentation de la minorité sunnite, presque absente du scrutin en raison des appels au boycott et des menaces de la rébellion. * La Turquie inquiète Voisin de l'Irak, la Turquie, inquiète des gains obtenus par les deux principaux partis kurdes, arrivés en deuxième position derrière les chiites, a jugés "déséquilibrés" les résultats des élections. Le ministère turc des Affaires étrangères a notamment relevé "la faible participation de certains groupes aux élections, le fait que dans certaines provinces il n'y ait presque pas eu de votes et que des manipulations dans certaines régions, notamment à Kirkouk, ont conduit à des résultats déséquilibrés". "Il est devenu clair que certains éléments en Irak ont essayé de manipuler des votes dans ce processus historique et en ont obtenu des gains injustifiés" assure encore le ministère turc sans préciser davantage. * Le monde arabe sceptique Médias et commentateurs arabes ont salué l'annonce des résultats des élections en Irak, tout en exprimant des craintes face aux conséquences de la victoire éclatante des chiites sur l'unité de l'Irak et l'équilibre régional. En Egypte, la presse s'interroge, à l'instar du quotidien égyptien Al-Gomhouriya, sur la marginalisation des sunnites, restés massivement à l'écart du scrutin, et la nécessité d'une alliance entre chiites et Kurdes qui prouvent que Washington a "échoué à créer l'atmosphère politique nécessaire à l'instauration d'un Etat stable qui ne serait pas tiraillé par des luttes ethniques ou confessionnelles". Le journal s'interroge également sur la capacité de Washington à assumer les retombées de cette victoire chiite qui risque, selon lui, de porter au pouvoir un gouvernement islamique allié à l'Iran. De son côté, l'éditorialiste Samir al-Chahhat, du quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram, estime que la victoire chiite "ramène les Etats-Unis à la case départ. Cette case terrifiante pour l'Occident et qu'il considère être le vivier du terrorisme: la charia". Le Premier ministre koweïtien Sabah Al-Ahmad al-Sabah a exprimé pour sa part l'espoir que l'Irak voisin "retrouverait son unité et que toutes les potentialités de son peuple seraient orientées vers les efforts de reconstruction et de stabilisation" du pays. Le quotidien jordanien Al-Raï (semi-gouvernemental) s'est félicité du résultat des élections qui montrent, selon lui, que le peuple irakien "a fait un pas important vers la construction d'un nouvel Irak qui, espérons-le, sera démocratique, pluraliste et respectueux des droits de l'homme". Pour le quotidien saoudien Al-Watan, les élections ont fourni une occasion "de tirer le rideau sur une période de nombreuses erreurs politiques, dont la plupart on été commises par l'occupant américain". Mais le quotidien Al-Riyadh s'inquiète du fait que le résultat des élections pourrait amener l'Irak à se transformer en "une réplique du Liban" et que "la distribution des postes officiels (...) entre les minorités perpétue les divisions sectaires et nationalistes". Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a réagi de façon laconique à l'annonce de ces résultats qu'il a qualifiées de "pas vers l'accomplissement du processus politique", et estimé nécessaire d'aboutir à un "consensus irakien global".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com