L’Arabie Saoudite sous le choc





• Ryad : Le groupe qui a revendiqué l’opération sert de couverture L'assassinat de Rafic Hariri a provoqué un choc énorme en Arabie Saoudite, pays où l'ancien Premier ministre libanais avait fait fortune et avec lequel il entretenait des relations privilégiées, notamment avec la famille royale. Le Quotidien-Agences L'émotion et la consternation étaient particulièrement fortes au siège de la société de construction Oger à Ryad, qui lui appartenait et est dirigée par l'un de ses fils, Saad al-Din. Lundi soir, des dizaines d'ingénieurs s'affairaient à préparer leurs papiers pour pouvoir rentrer au Liban afin d'assister aux obsèques. Hariri, qui se rendait très souvent en Arabie, faisait partie d'une petite minorité d'étrangers à avoir obtenu la nationalité saoudienne. "Pour le royaume et pour moi-même, Rafic Hariri était un ami cher", a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal. "Il était sincère dans toutes ses positions et fidèle à ses amis", a-t-il ajouté en condamnant "l'acte criminel abominable" qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre libanais. Réuni en séance hebdomadaire sous la présidence du prince héritier Abdallah Ben Abdel Aziz, le gouvernement saoudien avait présenté dès lundi soir "les sincères condoléances du royaume à la famille du défunt et au peuple libanais" et réaffirmé "le rejet total par le royaume de tels actes terroristes visant des innocents et destinés à propager le chaos et la destruction". * Couverture Pour sa part, le prince Talal Ben Abdel Aziz, demi-frère du roi Fahd, avait rejeté la revendication par un groupe totalement inconnu de l'attentat de Beyrouth, affirmant que ce groupe servait de couverture à quelqu'un d'autre, et réclamé une enquête internationale. "Je crois que ce qui a été attribué à ce groupe n'est pas vrai. Je pense que ce groupe sert de couverture à une autre partie. Laquelle? Dieu seul le sait. Oui, c'est une couverture", avait-il déclaré à la télévision Al-Jazira du Qatar. Al-Jazira avait diffusé avant-hier soir un enregistrement vidéo dans lequel un groupe jusqu'alors inconnu et se faisant appeler "An-Nosra wal Jihad fi Bilad El-Cham" (La victoire et la lutte en Grande Syrie) revendiquait l'attentat, mais sans fournir la moindre preuve. Le prince Talal a, par ailleurs, appelé à "la mise en place d'une commission d'enquête internationale, indépendante et équitable, comme l'a réclamée l'opposition libanaise". Au siège d'Oger, un immeuble de deux étages gardé par des membres de la garde nationale saoudienne et protégé par des blocs de béton, les employés accusaient le coup. "Ce sont les Syriens qui l'ont tué", déclarait l'un d'entre eux, ajoutant qu'il n'avait pas peur de le dire même si son nom de famille était publié. "La personne pour la vie de laquelle nous avions si peur est partie. Nous n'avons plus rien à craindre", a-t-il dit. "C'était un personnage légendaire. C'était le père de tous les pauvres", a commenté Saïd Hassan, un ingénieur originaire de Saïda (sud), la ville natale de l'ancien Premier ministre. Oger fait vivre quelque 4.000 familles libanaises dans le royaume. "Evidemment que nous allons retourner" au Liban pour les funérailles, affirmait-il. Dans la soirée d’avant-hier, les employés avaient été convoqués dans une salle où un assistant de l'un des fils de Hariri avait tenté de les convaincre de ne pas rentrer au Liban. "Le meilleur hommage que vous puissiez rendre au défunt est de prouver que la compagnie qu'il avait bâtie survivra", avait-il lancé, apparemment en vain. _______________________ Des ouvriers syriens battus Des manifestants en colère, qui accusaient la Syrie d’être responsable de l’assassinat de Rafic Hariri lundi à Beyrouth ont violemment battu hier des ouvriers syriens à Saïda, ville natale de l’ancien Premier ministre libanais, a-t-on appris de source policière. Plusieurs centaines de manifestants, qui scandaient des slogans anti-syriens, ont aperçu des ouvriers syriens qui passaient par hasard à l’entrée nord de la ville et les ont violemment battus avant qu’ils ne prennent la fuite, a-t-on ajouté. “L’assassinat est l’œuvre de la Syrie”, criaient les manifestants qui ont brûlé des pneus sur différents axes routiers afin d’empêcher la circulation.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com