Le retrait de Gaza fait des «victimes» : Le chef d’état-major israélien «remercié»





Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a provoqué un "tremblement de terre" au sein de l'armée en refusant, pour la première fois dans l'histoire du pays, de prolonger le mandat de son chef d'état-major à quelques semaines du retrait prévu de la bande de Gaza. Le Quotidien-Agences Même s'il ne s'agit pas d'un limogeage mais plutôt d'un refus de prolonger d'un an le mandat du général Moshé Yaalon, la décision prise conjointement par Sharon et son ministre de la Défense Shaul Mofaz, a été interprétée en Israël comme "un camouflet" au 17e chef d'état-major de l'armée israélienne. Cette décision qui prendra effet le 9 juillet, au début du processus du désengagement de la Bande de Gaza prévu cet été, a été motivée par une "mésentente" entre, d'un côté Sharon et le ministre de la Défense Shaul Mofaz, et de l'autre le général Yaalon, 54 ans, a-t-on indiqué hier de source militaire. Depuis 1948, date de la création de l'Etat d'Israël, tous les chefs d'état-major ont vu leur mandat de trois ans renouvelé d'un an, faisant du général Yaalon le premier chef d'état-major à quitter ses fonctions au bout de trois ans. "Viré", titrait hier matin le quotidien à grand tirage Yédiot Aharonot en parlant de "tremblement de terre" au sein de l'armée israélienne, tandis que le Maariv parle d'une "gifle" cinglante au chef d'état-major. "C'est la preuve flagrante du manque de confiance entre le politique et le militaire", écrit l'éditorialiste du Maariv. "Et ce n'est pas un chef d'état-major que l'on peut accuser d'avoir échoué dans sa mission", estime un commentateur du Yédiot, en évoquant ses "succès" durant la deuxième intifada déclenchée en septembre 2000. La décision, apparemment conjointe de Sharon et Mofaz, a pris les commentateurs par surprise bien que les divergences de vue avec le général Yaalon fussent déjà du domaine public. "Ils ne se sont jamais entendus", écrit le Yédiot Aharonot. La radio militaire a fait état d'une opposition entre Sharon et le général Yaalon autour du plan de retrait de la Bande de Gaza préconisé par le Premier ministre dès février 2004. Selon le quotidien Haaretz, Sharon avait immédiatement soupçonné l'officier de ne pas être un fervent partisan de ce retrait. Durant l'été 2003, le général Yaalon avait aussi accusé publiquement Sharon de n'avoir pas cherché à renforcer Mahmoud Abbas, alors Premier ministre de l'Autorité palestinienne, face au président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, en refusant de faire des gestes de bonne volonté à son égard. Officiellement, selon les médias, Sharon et Mofaz se sont refusés à parler de "renvoi" du général Yaalon, mais de leur souci d'appliquer désormais à la lettre la loi qui consiste à maintenir en place pendant trois ans le chef d'état-major. Sharon avait déjà provoqué des haussements de sourcils la semaine dernière en désignant un nouveau chef des services de la sécurité intérieure, Youval Diskin, en remplacement d'Avi Dichter, alors que les experts pressentaient que ce dernier serait encore à son poste durant le retrait de Gaza. __________________ Rupture de la trêve ? Ramallah - AFP Une cellule des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, liées au Fatah, a annoncé hier qu’elle rompait la trêve dans les attaques anti-israéliennes après que l’armée israélienne eut tué la veille deux de ses combattants. Des hommes masqués et armés, tirant des rafales en l’air, ont distribué dans le centre de Ramallah des tracts signés par «les Brigades des Martyrs d’Al Aqsa» dans lesquels le groupe affirme qu’«il est désormais inutile de parler d’une trêve ou d’une accalmie». __________________ Indemnisation des colons évacués Le Quotidien-Agences Le Parlement israélien s'apprêtait hier à voter une loi sur l'indemnisation des colons appelés à être évacués de la Bande de Gaza dans le cadre du plan de désengagement du Premier ministre Ariel Sharon qui affirme coordonner son application avec les Palestiniens. Le texte porte sur les indemnités qui seront versées aux 8.000 colons de la Bande de Gaza et de quatre implantations isolées de la Cisjordanie censées être évacuées durant douze semaines à partir de juillet 2005. Le montant de ces compensations s'élève à près d'un milliard de dollars, selon la presse israélienne. Chaque famille de colons évacuée recevra en moyenne près de 400.000 dollars.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com