Après l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto : Quels enjeux pour la Tunisie ?





Tunis-Le Quotidien L’accord de Kyoto va mobiliser la Communauté internationale pour lutter contre les gaz à effet de serre mais aussi favoriser la création de nouveaux marchés dont les enjeux potentiels sont énormes. Les séries de mécanismes mis en place par la Tunisie leur permettront de mieux se positionner à l’échelle internationale. Le fameux accord de Kyoto sur la protection de l’environnement et sur la limitation de l’émission de gaz à effet de serre est entré en vigueur hier. La Tunisie est fin prête pour s’engager dans ce processus. Une série de mécanismes et de mesures a été prise pour concrétiser cet objectif planétaire et remplir les engagements stipulés dans cet accord. Une journée de sensibilisation a été organisée à cet effet hier au siège du Centre des technologies de l’environnement, au cours de laquelle des spécialistes tunisiens du domaine, en l’occurrence MM. Rafik Missaoui et Néjib Othmane, ont présenté les différents aspects de l’accord de Kyoto et les dispositions prises par la Tunisie. Une série de mécanismes a été en effet mise en place et va permettre au cours des prochaines années de réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre. La Tunisie a créé récemment une Autorité nationale désignée (ADN) chargée de la mise en forme du protocole et de la coordination des travaux. Cette institution permettra à la Tunisie d’être éligible au mécanisme du développement propre (MDP), stipulé par l’accord de Kyoto, et de bénéficier ainsi des fonds nécessaires pour sa concrétisation. La Tunisie a identifié en effet 18 projets, dont la réalisation permettra de contribuer efficacement à la lutte contre les gaz à effet de serre. Les plus importants se rapportent aux énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, la valorisation énergétique des déchets de la décharge du Grand Tunis, la création d’entreprises de services énergétiques, ainsi que le développement de la co-génération énergétique dans les établissements industriels et tertiaires. Le boisement et le reboisement constituent également à juste titre des actions d’importance cruciale pour permettre la mise en œuvre de toute la stratégie se rapportant à ce domaine. Les défis sont énormes, les enjeux sont potentiels. L’entrée en vigueur de l’accord de Kyoto va favoriser l’émergence de nouvelles traditions et de nouveaux marchés juteux, notamment ceux se rapportant au carbone. Il faut rappeler que l’accord de Kyoto est contraignant. Il oblige les pays adhérents à se conformer à ses clauses et à ne pas dépasser un seuil donné d’émanation de gaz. L’une des clauses du protocole stipule en effet qu’un pays peu polluant peut vendre ses «droits d’émission» de gaz non utilisés à un pays tiers qui aurait dépassé ses engagements. Les acquis de la Tunisie dans le domaine de la maîtrise de l’énergie sont importants et lui permettent de se positionner à ce sujet sur le marché international. Cela nécessite, comme l’a indiqué le ministre de l’Environnement et du Développement durable, M. Nadhir Hamada dans son allocution, la contribution de tous pour relever ce défi. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com