Comment les jeunes gèrent-ils le stress?





La musique, les confidences et la foi en tête de liste Les jeunes vivent intensément leur vie. Cette tendance de l’extrême les pousse parfois à vivre aussi entièrement leurs moments de désarroi. Il est donc difficile de voir le verre à moitié plein quand on passe par une période négative où déception, confusion et détresse sont les ingrédients principaux de leur menu quotidien. Toutefois, chacun a sa propre recette pour prendre les dessus et vaincre ces coups de blues… Tunis-Le Quotidien Quand on a un âge mûr, il est beaucoup plus aisé de gérer le stress et de trouver des issues pour s’en sortir. Or, à un âge jeune, les choses sont plus compliquées. Il suffit parfois que le cœur soit brisé, que les notes ne soient pas satisfaisantes ou que tout semble marcher de travers pour qu’un jeune soit de mauvais poil. Et comme les hommes se confient difficilement, le problème semble dès lors énorme. Mustapha, candidat au bac et âgé de 21 ans, a les nerfs à vif. Il “démarre” au quart de tour et il suffit parfois d’un petit “bobo” pour qu’il se replie sur lui-même. D’ailleurs, Mustapha trouve dans sa solitude une voie d’issue “Quand je suis débordé, stressé ou que je rencontre un problème, je prends mes distances. Je m’isole, généralement, dans ma chambre, muni d’une grande tasse de café et d’un paquet de cigarettes. J’essaye de faire le vide et comme par miracle, tout devient plus clair dans ma tête. Dans une étape secondaire, je choisis une personne de confiance à qui me confier. Une fois que j’ai vidé ma “caisse”, je sors de ma solitude et je m’adresse à des amis qui ont la plaisanterie facile pour décompresser… et ça marche!”, dit-il. L’idée d’aller voir un psychiatre ne lui a jamais effleuré l’esprit. L’idée qu’il a reçue est qu’un psy peut aggraver son état. “Il faut dire que l’idée de me rendre chez un psychiatre ne m’est pas insignifiante. Je pense que la psychologie peut me faire entre dans un cercle vicieux. Les psy allient presque tout à l’enfance, à l’instar de Freud. Ils décortiquent trop les choses et cela peut me rendre réellement malade. Tout ceci sans compter le fait que je suis toujours terrifié à l’idée de devenir accro aux médicaments d’ordre psychiatrique qu’ils prescrivent…” ajoute-t-il. La majorité des jeunes et surtout la gent masculine admettent mal l’idée d’avoir recours à un psychiatre. Comme Mustapha, Ramzi, 20 ans et candidat au bac, est catégorique sur la question: “Je ne frapperai jamais à la porte d’un psy. Il est inadmissible pour moi que je me confie à un psychothérapeute. Ils ont un certain charisme qui me bloque. J’ai mes propres astuces pour vaincre le stress et les coups de détresse. Je trouve refuge chez mes amis ou ma petite amie. J’essaye de rester entouré pour me sentir rassuré et protégé et je vais au bord de la mer. Il m’arrive aussi de m’évader dans la lecture d’un livre. Et cela marche à tous les coups”, confie-t-il. Ahmed Hannachi, 20 ans, est toujours de bonne humeur. Il est difficile que le jeune homme sente l’adrénaline lui monter aux joues. Mais quand cela arrive, il préfère aussi rester seul. “Quand je suis au top des troubles, je disjoncte… Je m’échappe. Je reste dans ma chambre, j’augmente le volume de ma chaîne et je mets Georges Wassouf… Peu de temps après, je me sens mieux. Je sors pour voir les copains et je rigole comme un fou”, dit-il. En ce qui concerne les choses qui le mettent hors de lui, Ahmed révèle que l’argent, l’amour et l’amitié sont en tête de liste. “Quand je suis à court d’argent, quand le côté sentimental ne tourne pas rond ou quand j’entre en conflit avec l’un de mes amis les plus intimes, je ne supporte pas. Seules ces trois choses me pèsent. Tout le reste ne m’importe pas vraiment”, ajoute-t-il. Les choses diffèrent pour les filles. Hanen et Ghada ont toutes les deux 17 ans, elles sont très proches et une forte amitié les unit. Hanen ne s’isole jamais pour défier un état d’âme négatif, elle téléphone à Ghada, sa meilleure amie et lui confie ses soucis. “Certes, comme tout être humain, je passe par des périodes plutôt moroses. C’est vers mon amie que je vais. Une fois que je parle avec elle, je commence à voir plus clair. Le soir, je mets des films dramatiques et ils m’aident à pleurer. Quelques larmes déversées et l’affaire est close. Le lendemain, je me réveille et je me sens comme un nouveau-né!”, dit-elle. Ghada en fait de même. Elle se confie à Hanen, sauf que la jeune fille a une recette propre à elle pour décompresser: miser sur la foi. “Après avoir parlé à Hanen, je veille la nuit. Je fais la prière et à la fin de ma prière, je me confie à… Dieu. C’est lui seul qui peut m’aider à m’en sortir. Je raconte tout à celui qui m’a créée et je pleure sans m’en rendre compte. A cette heure tardive, la relation entre l’être humain et son Créateur est beaucoup plus forte et j’affirme que c’est le seul remède efficace à 100%. Je me sens protégée par une force divine et que plus personne ne peut plus toucher à un seul de mes cheveux”, dit-elle fièrement. Certes, à chacun de nous sa manière de décompresser. Mais comme le pense notre interlocutrice Ghada, rien ne vaut la protection et la providence divines. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com