Rerait de Gaza : Sharon à la merci des colons





Le plan de retrait de la bande de Gaza a franchi une étape cruciale avec l'adoption de la loi d'indemnisation des colons appelés à être évacués cet été, mais le Premier ministre Ariel Sharon n'était pas hier au bout de ses peines. Le Quotidien-Agences Dimanche, le gouvernement devait voter à son tour sur le principe de l'évacuation des 21 colonies juives de la Bande de Gaza et de quatre implantations du nord de la Cisjordanie à partir du début juillet. Selon les commentateurs, Sharon devrait l'emporter. Mais il devra surmonter d'autres résistances. Pour faire pression sur lui, les "durs" du Likoud, son parti, menacent de ne pas voter le budget si Sharon maintient son veto à la tenue d'un référendum sur le retrait. Le Premier ministre a jusqu'à présent exclu la tenue d'une telle consultation en affirmant que ceux qui la réclament veulent "retarder ou saboter" le plan d'évacuation de la bande de Gaza. Mais, comme l'a reconnu hier le vice-Premier ministre Ehud Olmert, Sharon "ne dispose pas d'une majorité stable" pour faire adopter le budget Or le temps presse. Selon la législation, si d'ici le 31 mars, le budget n'est pas adopté, le gouvernement tombe et de nouvelles élections ont lieu. Les commentateurs estiment que c'est sur ce front que Sharon est le plus vulnérable. Une douzaine de députés de l'aile "dure" du Likoud ont menacé de voter contre le budget si Sharon continuait à refuser un référendum. Cette fronde s'est déjà exprimée lorsque 17 des 40 députés du Likoud ont voté contre la loi d'indemnisation. "S'il n'y a pas de budget à la fin mars, il n'y a plus de gouvernement et plus de retrait", a admis à la radio Ilan Cohen, le directeur général du bureau de Sharon. Pour contourner la difficulté, Sharon tente de convaincre le Shass (11 députés) de soutenir le budget. Mais ce parti ultra-orthodoxe exige l'abandon des coupes dans les budgets sociaux, ce qui risquerait de creuser le déficit. Les colons, qui ont subi une défaite à la Knesset, ont proclamé qu'ils refusaient de reconnaître la légitimité de la loi sur l'évacuation. "La Knesset, en votant cette loi, a abandonné les valeurs du sionisme et la sécurité d'Israël", a affirmé le Conseil des colonies de Cisjordanie et de la Bande de Gaza dans un communiqué. "C'est une journée noire pour la démocratie. Nous continuerons de lutter sans violence pour permettre au peuple de décider", a ajouté ce texte en faisant allusion au référendum. Interrogé à la radio publique, Pinhas Wallerstein, un des dirigeants du Conseil des colonies, a affirmé que son organisation "ne reconnaît pas la validité de cette loi". "Nous allons continuer la lutte et nous sommes prêts à aller en prison s'il le faut", a ajouté Wallerstein. Le conseil des rabbins de Cisjordanie a pour sa part affirmé dans un communiqué que "cette loi n'a aucune valeur car elle contrevient à la Torah", la loi religieuse juive "qui interdit l'expulsion de juifs de leurs terres". Le président du parlement Reuven Rivlin, du Likoud, qui a voté contre la loi, a dénoncé ce texte en prédisant que le "retrait de la Bande de Gaza ne constitue qu'une première étape vers un retour aux frontières de 1967", autrement dit vers une évacuation de la Cisjordanie et d’Al Qods.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com