Corée du Nord : Regain diplomatique pour résoudre la crise nucléaire





Une semaine après la réaffirmation tonitruante par la Corée du Nord qu'elle possédait l'arme atomique, la diplomatie s'est réveillée pour ramener Kim Jong-Il à la table chinoise des négociations sur son programme nucléaire. Le Quotidien-Agences Les représentants américain et sud-coréen aux pourparlers à six sur le nucléaire nord-coréen sont arrivés hier à Pékin pour des discussions destinées à relancer un processus au point mort depuis huit mois. Christopher Hill, ambassadeur des Etats-Unis en Corée du Sud, et le ministre adjoint des Affaires étrangères sud-coréen, Song Min-Soon, ont rencontré séparément le chef de la diplomatie chinoise, Li Zhaoxing, et leur homologue aux pourparlers, Wu Dawei. "Toutes les parties doivent faire preuve de patience et de souplesse pour trouver une solution acceptable par tous", a déclaré hier le porte-parole chinois des Affaires étrangères, Kong Quan, sans commenter les récents propos de son inquiétant voisin. La Corée du Sud exclut des sanctions contre le Corée du Nord qui, le 10 février, avait officiellement réaffirmé posséder l'arme atomique, une assertion invérifiable. Pyongyang, qui a réitéré par la même occasion son refus de négocier, motivé par "la politique hostile des Etats-Unis", n'a encore jamais procédé à un essai. Séoul préfère l'option diplomatique à la confrontation, en s'appuyant sur la Chine qui reste le plus proche allié de l'Etat stalinien. "La Corée du sud et les Etats-Unis sont convenus que le rôle de la Chine était crucial" pour une solution négociée après le récent durcissement de Pyongyang, déclarait mercredi le chef de la diplomatie sud-coréenne, Ban Ki-Moon, à son retour de Washington où il s'était entretenu avec son homologue américaine Condoleezza Rice. La Chine a de son côté annoncé hier qu'un haut responsable du Parti communiste chinois (PCC), Wang Jiarui, se rendrait "prochainement" chez son allié nord-coréen. Les Etats-Unis, les deux Corées, le Japon, la Chine et la Russie se sont rencontrés à trois reprises à Pékin (en août 2003, février et juin 2004) pour obliger Pyongyang à renoncer à ses ambitions nucléaires. Une quatrième rencontre aurait dû avoir lieu à l'automne dernier mais l'Etat le plus isolé de la planète, en proie à une grave crise économique, a durci le ton envers les Etats-Unis et fait monter les enchères pour obtenir une aide financière plus importante et des garanties de sécurité. La relance de l'activité diplomatique pourrait déboucher sur une nouvelle série de pourparlers dans la capitale chinoise. Une telle réunion, si elle permettrait de maintenir un statu-quo qui n'est pas le pire des scénarios, ne résoudrait probablement pas une crise née en octobre 2002 lorsque Washington a accusé Pyongyang d'avoir redémarré son programme nucléaire en violation d'un accord bilatéral signé en 1994. "Nous pensons que les efforts de la Chine, de la Corée du sud, du Japon et de la Russie ne sont pas suffisants (...) plus importants sont les efforts des Etats-Unis et de la Corée du Nord", a souligné hier le porte-parole chinois alors que le bras de fer entre Nord-Coréens et Américains continu. Mercredi, le 63ème anniversaire de Kim Jong-Il a donné lieu à une promesse de renforcement militaire de la dictature communiste. Quelques heures plus tard, la CIA affirmait que la Corée du Nord pourrait reprendre, à tout moment, des essais de missiles de longue portée "capables d'atteindre les Etats-Unis" et développait activement des programmes d'armes biologiques et chimiques.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com