Jeunes et timidité : Une qualité ou un handicap ?





Dans un restaurant, un jeune homme exprime haut et fort ses sentiments à sa partenaire assise en face de lui... En une fraction de seconde, la jeune fille se met à bégayer, renverse maladroitement un verre d’eau sur sa jolie robe et du rouge lui monte aux joues sous l’effet de l’adrénaline... La déclaration vire au quasi-comique ! Ce genre de scènes se fait de plus en plus rare par ces temps où règnent la matière et l’artifice... La timidité est une monnaie rare qui caractérise certaines personnes dont les jeunes : est-ce une vertu ou un handicap ? Les jeunes répondent à la question. Tunis - Le Quotidien Quoi de plus mignon diront certains que de voir une jeune fille chaste, pudique, réservée et timide faire preuve de délicatesse, là où de l’autre côté, bon nombre de filles exhibent généreusement leur forme et manifestent sans gêne leur caractère arrogant et indécent. Toutefois, à une époque comme la notre où les apparences et l’artifice prédominent, la timidité peut perdre de sa valeur et se transformer, dès lors en un réel handicap qui accable l’être humain. Wissem, 18 ans, confirme ce constat. Le jeune homme croit que à notre époque et avec ces tendances trop porté sur le paraître, une personne timide aura du mal à se positionner et encore moins à s’imposer. “D’abord, je dois préciser que la timidité chez les filles relève de la pudeur et cela ne peut qu’être porteur et mérite notre respect. Or chez les garçons la timidité est considérée comme un obstacle. Une personne timide ne sait pas comment se défendre ni réagir et est généralement considérée comme naïve et réduite... Malheureusement!” dit-il. Et pourtant Wissem est loin d’être dupe. C’est un jeune homme intelligent et doté d’un sens aigu de responsabilité. “Je suis loin d’être naïf, si je ne manifeste pas de réaction insolente ou indécente cela n’a rien à avoir avec la naïveté. Je suis plutôt bien élevé et j’essaie de ne pas commettre de fautes”, ajoute-t-il. Mourad a 19 ans. Candidat au bac, il pense que rien ne doit être poussé à l’extrême. La juste mesure peut épargner des tas de problèmes, estime-t-il. “A priori, la timidité relève de la pudeur et de la chasteté. Mais dans la conjoncture actuelle tout être timide sera considéré comme un être faible. De toutes les manières, je suis du genre: “Timide qui se soigne”. Je régule ma timidité selon les circonstances et selon mon vis-à-vis. Cela dit, je respecte les filles timides qui sont d’ailleurs des perles rares!”, dit-il. Certains autres reconnaissent leur timidité. Et bien qu’ils soient sûrs que celle-ci est une qualité, ils savent pertinemment bien que ce genre d’introversion les met dans la peau d’une proie facile à chasser. Mohamed Hédi, 18 ans, est timide et il en souffre parfois: “Hélas, j’ai eu pas mal de problèmes suite à mon tempérament timide. Le fait que je sois réservé, que je manque d’audace et de hardiesse me met dans des situations embarrassantes. Les autres me prennent pour un être sot, crédule... cela me pèse et me gêne. Mais il faut dire par ailleurs que cela pousse les autres à ne pas porter de masque quand ils ont affaire à moi. Ils me considèrent tellement pacifiste qu’ils se démasquent d’eux-mêmes... Ceci me permet de tout déchiffrer facilement. Sauf que mon éducation ne me permet pas de réagir d’une manière inconvenable. Cela dit, un être timide encaisse beaucoup... Et cela ne peut qu’être une bombe à retardement, un jour ou l’autre, je me révolterai...”, dit-il dépité. Les filles ne semblent pas avoir un avis différent. Elles sont quelque part prévenantes et savent maîtriser leur timidité pour se protéger contre tout imprévu. Ahlem, 19 ans candidate au bac, pense qu’une fille ne doit jamais montrer son côté timide avec les amis et le sexe opposé... Sinon cela va se retourner contre elle. “Je suis plutôt pudique. La timidité est une arme à double tranchante. Je maîtrise mes tendances timides quand je suis face à un être du même âge ou un homme. Si je ne montre pas mes capacités dès le début, je serai considérée comme une fille facile, donc je me protège. Je suis moi-même quand je suis avec un membre de ma famille ou une personne âgée. D’ailleurs, cela relève plutôt de l’éducation et de la pudeur et non pas de la timidité”, dit-elle. Idem pour Chaïma connue par ses amis et proches pour son caractère jovial. 18 ans, élève, Chaïma rougit à chaque fois qu’elle est abordée et commence à balbutier. “Je suis timide, mais je me maîtrise. Bien que la timidité soit une qualité surtout pour les filles, elle devient parfois un réel handicap et pousse les autres à profiter de moi. Je me défend donc en cachant cette timidité, bien que le rouge qui me monte aux joues très vite, me trahit... Cela dit, je suis Chaïma la timide, quand j’ai affaire à un parent où à une personne âgée. Mais une fois avec les amis, je ne manifeste pas mon côté timide, pour qu’on ne me marche pas sur les pieds!” Ils croient que les filles timides se font rares, mais il s’avère que ces dernières sont des timides déguisées... justement pour se protéger et se défendre. Abir CHEMLI OUESLATI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com