Kadhafi au Caire : Le Darfour au centre des intérêts





Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, en visite officielle en Egypte, a fait avec le président Hosni Moubarak un large tour d'horizon des problèmes arabes et africains, en centrant ses entretiens sur le Darfour, qui préoccupe la communauté internationale. Le Quotidien-Agences L'Egypte a décliné une invitation de l'Union africaine (UA) de tenir un nouveau mini-sommet au Caire sur le Darfour, avant d'évaluer les résultats de celui qui s'est tenu mercredi au Tchad, a indiqué jeudi le porte-parole de la présidence égyptienne Souleimane Awad. Le mini-sommet de N'Djaména avait recommandé à la Commission de l'UA d'élever le statut de ses troupes au Darfour de compagnies en bataillons et de les équiper en armes appropriées pour mieux superviser la trêve conclue en avril 2004 entre les rebelles: le Mouvement de libération du soudan (MLS) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), et l'armée régulière soudanaise. L'UA dispose d'une petite force d'observation du cessez-le-feu au Darfour, qu'elle doit porter à un peu plus de 3.000 hommes. La guerre civile au Darfour a fait depuis février 2003 plus de 70.000 morts et environ 1,6 million de déplacés et réfugiés, selon l'Onu. Khartoum est par ailleurs dans le collimateur du Conseil de sécurité des Nations unies pour des violations répétées des droits de l'Homme au Darfour, dont les représentants demandent un partage des pouvoirs et des richesses. Le colonel libyen, dont la visite en Egypte n'avait pas été annoncée, a été accueilli selon le protocole réservé aux visites officielles des chefs d'Etat. En costume traditionnel, il avait passé en revue la garde républicaine accompagné de sa garde féminine personnelle en treillis. La dernière visite en Egypte de Kadhafi remonte au 11 juillet 2004, après son renoncement à son programme d'armes de destruction massive (ADM) et une ouverture tous azimuts vers l'Occident. Les critiques de la presse égyptienne contre cette décision unilatérale libyenne avaient provoqué une mini-crise entre les deux pays, qui s'était traduite notamment par un durcissement des conditions d'entrée en Libye des travailleurs et hommes d'affaires égyptiens. Selon Awad, Moubarak et son hôte libyen ont eu jeudi un premier tête-à-tête de deux heures, qui a été élargi du côté égyptien au Premier ministre Ahmed Nazif et aux ministres de la Défense, le Maréchal Hussein Tantaoui et de l'Intérieur Habib Al-Adli, et du côté libyen notamment au chef des renseignements Moussa Koussa et au Haut représentant de la Libye en Egypte Ahmad Khadf Eddam. Kadhafi a de nouveau reçu hier en tête-à-tête Nazif, Tantaoui et Al-Adli, ainsi que les ministres du Pétrole Sameh Fahmi, de l'Industrie et du Commerce extérieur Rachid Mohamed Rachid et de l'Electricité Hassan Younès. Il doit avoir ce matin un second tête-à-tête avec le président Moubarak, avant de regagner son pays. Selon Awad, les entretiens du colonel Kadhafi au Caire ont porté sur la situation dans les territoires palestiniens, en Irak, au Soudan et au Liban après l'assassinat lundi de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Les deux dirigeants ont par ailleurs examiné les préparatifs du prochain sommet arabe d'Alger en mars et "l'assainissement des relations arabes", a-t-il dit. Le dirigeant libyen menace depuis plusieurs années de quitter la Ligue arabe pour se consacrer à l'UA et avait appelé l'Egypte à en faire de même. Le président Moubarak a effectué une médiation entre la Libye et l'Arabie Saoudite après l'annonce le 22 décembre 2004 par Ryad du rappel de son ambassadeur à Tripoli, à la suite d'accusations selon lesquelles la Libye aurait été impliquée dans un projet d'assassinat du prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz en 2003.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com