“Cent soleils” : Fluorescence et luminescence





Des sculptures, des masses et des cènes lumineuses nous offrent de l’animation dans l’espace, de l’amusement fluorescent des couleurs et des structures bariolées. Le tout rassemblé dans un beau livre dédié à la lumière. “Cent soleils” ressemble à un compagnon de jour, de nuit mais aussi d’esprit. Au commencement étaient la lumière, le soleil, la vie. Puis vinrent l’homme, l’art, l’esprit. Il a fallu des milliers d’années pour que cette jonction se réalise, car les affinités entre la lumière et l’art sont une invention de l’homme moderne: enfant d’Edison, qui a inventé la première lampe à incandescence en 1878, et de Raouf Dufy, auteur de l’œuvre intitulée “Fée Electricité”. Une exposition organisée du 23 novembre au 8 décembre 2004 à l’Acropolium de Carthage a retracé l’histoire de ces noces du feu et de l'esprit à travers une centaine de créations d’artistes, de designers et d’industriels italiens. L’exposition intitulée “Cent Soleils: lumières d’Art et Design 1950-2000” a été organisée par la Section culturelle de l’ambassade d’Italie et la Fondation “Sartirana de Pavie”. Elle a présenté en trois sections des œuvres d’artistes, architectes et designers italiens, mondialement connus et reconnus, ainsi que des applications pratiques effectuées dans les ateliers d’artisanat ou d’industrie, des œuvres les plus inattendues et, ce faisant, développant un langage artistique original et riche de propositions esthétiques. Il s’agit d’une mise en scène de lustres, abat-jours, lampes… dans divers volumes, couleurs, formes et lignes qui ont illuminé l’univers des générations. “Ici les objets lumineux deviennent, à proprement parler, des icônes des temps nouveaux, des compagnons de tous les jours dans nos maisons, nos lieux de travail, les rues et les jardins publics”, lit-on à propos de l’exposition. L’Acropolium de Carthage et l’ambassade d’Italie se sont associés pour réunir dans un beau catalogue richement illustré les œuvres présentées il y a deux mois à la Cathédrale Saint Louis de Carthage: une manière d’inscrire cet événement dans la petite histoire de ce lieu prestigieux ainsi que de l’art du luminaire, dont le lien avec les édifices religieux est très ancien. “Déjà, elle nous fait plonger dans la perplexité: il est écrit dans Genèse qu’au premier jour, la voix de Dieu résonna dans les ténèbres: “Que la lumière se fasse”. Dieu plaça le soleil, la lune et les astres, “dans le ciel pour illuminer la terre”… écrit Lucio Guerrato dans le catalogue. Et d'ajouter: “…Mais surtout, la lumière est, en Orient et en Occident, expression du divin. Du “nur ulwi” -“La Suprême Lumière qui est au commencement et à la fin”- des philosophes arabes Al Farabi et Ibn Sina, jusqu’aux fidèles que “Dieu est Lumière”. C’est ainsi qu’on trouve l’homme étroitement lié à la lumière, sujet d’éternelle recherches chevillées à son génie créatif, débordant d’harmonie, de fibres lumineuses, spirituelles et mystiques à la fois. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com