E.S.S. – E.S.T. (0-0) : Nul sur toute la ligne !





On attendait monts et merveilles du somment de Sousse. Rien n’en fut puisque la montagne a tout simplement accouché d’une souris ! Du jeu décousu, de l’engagement physique frisant la violence et des… joueurs étoilés n’étant pas parvenus à honorer leur statut de leader du championnat. Un tel décor ne pouvait satisfaire les puristes encore moins les formations étoiliste et espérantiste. C’est qu’en fait, l’enjeu a certainement pesé sur les deux camps et «paralysé» les jambes. La hantise de perdre surtout a habité les têtes des deux protagonistes. Mais ce fut l’EST surtout qui donna des frissons à la défense étoilée qui n’eût été la classe et le brio d’Austin, elle aurait au moins encaissé un but. Il faut dire que l’organisation des coéquipiers de Chaâbani a été beaucoup plus claire, plus efficace et le plus souvent asphyxiante pour une Etoile vraiment méconnaissable à l’image de ses cadres Baya, M’hadhebi et Hammi qui, avec le reste de leurs coéquipiers, ne parvenaient même pas à assurer trois à quatre passes de suite sans compter les duels qu’ils perdaient le plus souvent. Autant dire que les visiteurs avec un peu plus de lucidité pouvaient aspirer à mieux que la parité. Pour revenir aux péripéties de la rencontre, contentons-nous de relever que les Etoilés ont été les premiers à subir le jeu appliqué des hommes de Claude Andrey. Dès la 11’, Austin est mis à rude contribution. Le gardien étoilé sauvera une situation difficile trois minutes plus tard en s’opposant en trois temps à des tirs à bout portant dont le dernier fut celui de Zaïem repoussé in extremis par Saber Frej. Deux chaudes alertes qui mettent Melki et ses pairs en confiance devant les Etoilés qui ne trouvaient pas encore leurs repères. Ils réclameront néanmoins un penalty à la 17’ lorsque un tir de Traoré est dévié de la main par Chaâbani. Le jeu se contentera ensuite au milieu du terrain et les occasions deviennent de plus en plus rares à telle enseigne qu’on a eu l’impression d’assister à des duels acharnés obligeant l’arbitre Alain Sars à brandir le carton jaune aux nez de deux Etoilés (Zouaghi et Ghézal) et de trois Espérantistes (Nwaneri, Melki et Chaâbani). Vint ensuite le télescopage entre Tizié et Obiakor qui entraînera leur transport à l’hôpital Sahloul où ils passent sur le billard (39’). Après la pause, la qualité du jeu ne s’améliore guère. L’entrée de Chikhaoui et de Traoui anime quelque peu le front de l’attaque étoilée sans que le remplaçant de Tizié Hamdi Kasraoui ne soit sollicité sérieusement sauf lorsque Chikhaoui croise trop son tir du pied droit (75’). A quelques minutes de la fin, Chaâbani monté en attaque eut le but au bout du pied droit mais son tir est passé à côté (85’). A qui profite le nul? Sûrement pas aux hommes de Souayah et encore moins à ceux de Claude Andrey. Mounir EL GAIED _____________________ Leurs Impressions * Ammar Souayah : «L’Etoile a livré sa plus mauvaise prestation de la saison. La plupart des joueurs n’ont pas évolué sur leur vraie valeur ce qui est impardonnable quand on est leader de la compétition et quand on affronte un poursuivant immédiat. Maintenant il faut se remettre au travail et apporter les corrections nécessaires avant le match de Coupe de dimanche prochain». * Claude Andrey : «Je dirais tout simplement que mon équipe aurait pu avoir le dernier mot si elle n’avait pas raté trois ou quatre occasions nettes. Il est vrai que nous avons rencontré une grande équipe de l’Etoile, mais notre situation au classement nous obligeait à vaincre ici à Sousse. Maintenant, il faut savoir faire preuve de patience pour que l’équipe progresse réellement». M.E.G. _____________________ Impressions d’un Téléspectateur Rigueur, rigueur, quand tu nous manques… La chose est désormais bien enracinée dans nos mœurs télévisuelles : pour les besoins de l’analyse technique et de la couverture médiatique d’un match, les deux invités doivent impérativement représenter les deux clubs en question. A la clé, une dose de subjectivité qui agace et indispose énormément le téléspectateur. Les deux consultants se trouvent, de la sorte, «obligés» de défendre leurs couleurs respectives afin, le plus souvent, d’éviter le courroux des supporters. On se souvient qu’à plusieurs reprises, le plateau était tout près de se transformer en arène pour belligérants. Pour le compte de ce dernier ESS - EST, Brahim l’Etoiliste et Kanzari l’Espérantiste (c’est que le ST, c’est de la vieille histoire) ont fait plutôt preuve de modération et se sont contentés de lancer des «Inchallah» par-ci, «Inchallah» par là, non sans trahir des pulsions subjectives évidentes. A propos de Kanzari, l’une de ses remarques n’a pas manqué d’interloquer le téléspectateur. «L’EST n’est pas allée à Sousse pour gagner. Mentalement, elle n’était pas prête pour la victoire, et ce indépendamment des considérations technico-tactiques», lançait-il. Or, toutes les données d’avant-match, du match et d’après-match prouvaient de la façon la plus criante que l’EST avait tout mis en œuvre pour engranger les trois points de la victoire, ne serait-ce qu’en référence aux déclarations des joueurs et de l’entraîneur sang et or et tout simplement à l’esprit conquérant cristallisé par les joueurs sur le terrain. Et puis, arithmétiquement parlant, l’EST qui, en cas de victoire, se serait idéalement placée, à deux points seulement du leader, n’avait pas d’autre alternative. Mais là où l’incohérence devient sidérante, c’est lorsqu’on fait ce curieux amalgame : comment peut-on préparer tactiquement une équipe à la victoire et mentalement au partage des points, dissociant aussi gratuitement ces deux volets d’un même créneau? Par ailleurs, et contestant légitimement l'état lamentable des pelouses, Kanzari (que notre ami Maher n’en arrive pas à croire qu’il s’agit d’un harcèlement, loin de là) a cité un exemple : le quatrième but du CSS face au ST, affirmant que Zouabi fut victime d’un «rebond» du ballon dû à l’état bosselé du terrain. Or, les images TV ont bel et bien montré qu’il y avait bourde monumentale du gardien stadiste dont le talent, du reste, est incontestable mais qui, à l’instar de n’importe quel portier, n’est pas exempt d’erreur. Alors, laissons à part les sympathies personnelles imprégnées de compassion et de commisération et… «objectivité, objectivité, camarade après». En somme, comme c’est le cas, pour notre football qui se prévaut toujours d’un statut bâtard, le commentaire sportif télévisuel est en manque flagrant de rigueur et de professionnalisme. W.S. ________________________ Non M. Sars ! Que vous soyez l’un des meilleurs arbitres de France et que votre réputation ait franchi l’Hexagone pour atteindre la Tunisie, mais votre prestation n’a guère convaincu avant-hier. Les nombreuses erreurs d’appréciation ont à l’évidence faussé le cours du jeu. Et l’on se demandera pourquoi et comment vous vous êtes abstenu de siffler un penalty des plus évidents en faveur d’Obiakor lorsqu’il fut fauché par Tizié à la 39’ et dont le choc a nécessité le transport de l’avant étoilé et du gardien espérantiste à l’hôpital. En faudrait-il pire pour que la faute soit sanctionnée?! Aberrant pour le moins qu’on puisse dire ! M.E.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com