Les jeunes et le travail de la femme : Filles et garçons ne partagent pas la même opinion





De nos jours presque toutes les filles étudient pour décrocher un job plus tard. L’émancipation de la femme et l’égalité entre les deux sexes ne sont pas étrangères à cette dynamique. L’indépendance matérielle est probablement l’objectif numéro “Un” de la plupart d’entre-elles. Toutefois, au passage, il y a tant de sacrifices à faire ... Hommes et femmes doivent s’y faire... Tunis - Le Quotidien Certaines se lèvent tôt le matin et trouvent à peine le temps de boire un café. Elles montent dans le bus tout en jetant, de temps à autre, un coup d’œil sur leur montre. Elles rejoignent leur poste de travail. Une fois de retour, elles passent prendre leurs enfants à la crèche, reviennent chez elles, font le ménage, préparent le repas, s’occupent de leurs enfants et attendent impatiemment l’heure de mettre la tête sur l’oreiller... D’autres, pourtant, font la grasse matinée, passent quelques heures à accomplir leurs tâches ménagères et restent les bras croisés devant la télé, à attendre le retour de leur mari ... Ces deux statuts de femmes sont généralement ceux qui règnent au sein de la classe moyenne tunisienne. Pour comprendre quel est le statut que préfèreraient les jeunes, il faut donc aborder le sujet. Amira, 18 ans, est encore élève. Si la jeune fille s’occupe sérieusement de ses études, c’est justement pour avoir le plus de chances possibles pour décrocher un emploi”. “Je me vois mal dans la peau d’une femme oisive. Nous faisons partie d’une époque où il n’y a plus de différence entre un homme et une femme. Il faut que j’étudie pour avoir un poste digne et garantir mon avenir. Il faut dire aussi que par ces temps difficiles, la femme doit travailler pour aider son mari à assumer les charges familiales. Toutefois, une jeune fille qui a un poste stable a plus de chances de se faire passer la bague au doigt pour le meilleur et pour le pire. De plus, seul le travail peut me garantir une indépendance matérielle”, explique-t-elle. Manal, 18 ans, également élève, dit s’investir à présent quand elle étudie avec beaucoup de sérieux... Aussi pour travailler ultérieurement. “D’abord, j’étudie pour assouvir ma soif de connaissances, pour avoir une culture et pour être instruite. Cela me permettra de me garantir une place dans la société et pour pouvoir bien éduquer mes enfants plus tard. Cela dit, j’investis dans mes études pour réussir à trouver un emploi. Une fois “casée”, je pourrai choisir le mari qui me conviendra le mieux”, dit-elle. Manal est consciente que le niveau de vie actuel nécessite que l’homme et la femme travaillent et s’entraident et elle se fait à cette idée. “Le travail de la femme n’est plus aujourd’hui un moyen pour qu’elle s’affirme, c’est une nécessité ...”, ajoute-t-elle. On ne pouvait aborder le sujet du travail de la femme sans avoir l’avis du sexe opposé à savoir, les jeunes hommes. Tiraillés entre leur côté autoritaire et leur côté ouvert, les hommes semblent avoir du mal à se décider. Sami, 17 ans, élève, opte pour l’abstention. Que sa future femme travaille ou pas, pour lui c’est “kif-kif”. Ce qui prime pour Sami, c’est qu’il garde sa dignité en tant qu’homme. “Que ma femme travaille ou pas, c’est du pareil au même. Mais ce dont je suis sûr, c’est que je ne tolérerai jamais qu’elle dépense son argent pour m’aider. Je suis un homme oriental et je suis fier de l’être. Mes principes et les valeurs sur lesquelles j’ai été élevé ne me permettent pas de “faire la manche à une femme” bien qu’elle soit mon épouse! Cela dit, si elle aura besoin de travailler pour se sentir utile, cela ne me dérangerait pas pourvu qu’elle garde son argent pour elle et qu’elle assume convenablement ses devoirs de mère et d’épouse”, dit-il. Décidément, ceux qui ont encore les mêmes croyances que Sami se font de plus en plus rares. La vie est devenue difficile à présent, ce qui était autrefois subsidiaire est aujourd’hui une nécessité. Il est, dès lors, pénible pour l’homme d’assumer seul les charges de toutes une famille. C’est d’ailleurs ce que pense Rafik, 19 ans, élève, “il est quasi impossible que je puisse mettre sur mon dos toutes les charges d’une famille. Je ne pourrai pas endosser seul cette responsabilité. Je ne pourrai donc pas épouser une femme si elle est oisive”, dit-il. Si Sami reconnaît son incapacité à couvrir tous les frais d’une vie matrimoniale, il n’arrive toujours pas à se libérer de son aspect phallocentrique. “Il faut que moi et mon éventuelle épouse nous entraidons ... Mais je ne pourrai pas laver la vaisselle, le linge ou nettoyer le carrelage ... Ce sont des tâches proprement féminines. Je l’aiderai peut-être à mon tour à s’occuper des enfants”, dit-il. Et pourtant élever un enfant est bel et bien une responsabilité commune des parents. Toutefois, si les hommes acceptent, à présent, le travail de la femme, c’est plutôt parce que son salaire l’aide à “respirer”. Mais la majorité des hommes ont encore du mal à tout partager avec leur épouses ... A quand le ... “moitié-moitié”? Abir Chemli OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com