Bientôt : Un espace à la mémoire de Bouâbana





Samedi dernier, un groupe de peintres, de critiques et de collectionneurs d’art se sont réunis pour mettre au point les modalités du fonctionnement d’une nouvelle galerie qui sera dédiée à Tunis à feu Bouâbana, le bohème de ses dédales. Le 22 mars prochain Tunis célébrera le 3ème anniversaire de la mort de “son” peintre Habib Bouâbana, qui a longtemps hanté ses rues, ses brasseries, ses galeries et qui l’a raconté dans ses toiles, aujourd'hui éparpillées chez des dizaines de collectionneurs. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, un groupe d’amis du peintre se sont associés pour ouvrir à cette occasion une galerie de peinture portant son nom. “L’Espace Bouâbana pour les arts” (EBA) sera ouvert au premier étage du 11 rue de Marseille, rue piétonne depuis quelques semaines. Il comprendra un atelier de peinture, une galerie classique et une galerie virtuelle. Dirigé par notre confrère, poète et peintre à ses heures, Hachemi Ghachem, qui fut un compagnon du peintre, cet espace sera un lieu de promotion de l’œuvre du peintre défunt et d’un groupe de jeunes artistes qui furent de ses amis ou qui revendiquent fortement son influence. On citera parmi eux: Lamine Sassi, Hamadi Ben Saâd, Mohamed Chelbi, Mahmoud Chelbi, Ahmed Zelfani, Omar Bey, Mustapha Ben Attia, Zied Lasram, Mohamed Ben Salma, Hassen Amraoui et autres Halim Karabibène. La liste est ouverte et l’apport d’autres artistes est souhaité. L’espace sera géré par une société appelée: Soretour, créée par un homme d’affaires de la place, qui fut longtemps un mécène pour Habib Bouâbana, et qui possède une grande collection de ses travaux. Le choix du lieu n’est pas aléatoire. Il s’agit d’un local que le peintre ou le “citoyen de la rue” fréquentait beaucoup dans les années 1980 et où il a réalisé ses plus belles toiles notamment “Les Belles de Tunis” et le fameux “Homme à l’œillet”, qui ont fait sa renommée. “L’espace fonctionnera selon un système d’assistance aux peintres proche de celui de l’avance sur recette”, explique le concepteur et animateur du projet Hachemi Ghachem. Les peintres associés pourront disposer du matériel divers (toile, peinture, pinceau…) et peut-être aussi d’avances sur les ventes de leurs toiles qui seront exposées dans la galerie pendant deux ou trois semaines, puis, pendant une année dans la galerie virtuelle. Quel meilleur hommage pourra être rendu à un peintre qui, pour survivre, a fait de “l’alimentaire” et longtemps vécu dans la précarité que de donner son nom à un espace qui cherche à promouvoir de jeunes peintres et à les aider à trouver des acquéreurs pour leurs œuvres. Pour le faire, le gérant de l’espace est en train de réfléchir sur les moyens d’amener les amateurs de l’art à acheter des œuvres de qualité sans trop malmener leurs bourses. Des formules de type facilité de paiement —qui étaient d’ailleurs pratiquées par Habib Bouâbana— seront ainsi adoptées et surtout adaptées au pouvoir d’achat des futurs clients. Zohra ABID _________________ L’esprit de continuité “Nous avons l’attention de réanimer le centre de Tunis, autrefois jalonné de galeries, aujourd’hui disparues. L’E.B.A fut le Hungaria d’hier avant sa fermeture il y a une vingtaine d’années, où les membres de la famille culturelle et artistique tunisienne se regroupait et à partir de ce même lieu Habib Bouâbana a peint les toiles qui lui ont valu un Prix Présidentiel, NDLR”. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com